On a entendu Nicolas Sarkozy passer beaucoup de temps à se défendre sur le terrain judiciaire au risque de passer pour la caricature de Silvio Berlusconi.

Discours très national pour Nicolas Sarkozy
Discours très national pour Nicolas Sarkozy © Radio France / Olivier Bénis

La ressemblance est troublante avec le « Cavaliere », qui est coutumier des démêlés avec la justice et qui a tenté comme lui un retour en politique.Sarkozy se sert de chacun de ses meetings pour dénoncer les affaires : Kadhafi, Karachi, le Kazakhstan, Tapie, Bygmalion etc. Et il utilise exactement la même rhétorique que Berlusconi : il parle de la Stasi, l'ancienne police politique de l'Allemagne de l'est, il crie qu'on veut « l'abattre », il dénonce un « cabinet noir » à l'Elysée, il pose en victime d'un « acharnement politique des juges à la solde du pouvoir » et il répète souvent cette question : « Qui me rendra mon honneur ? » .

C'est même devenu son gimmick. Et tout ça, ça fait forcément beaucoup penser au Berlusconi qui disait que les juges étaient le « cancer de la démocratie » et qu'il fallait être « mentalement dérangé » pour devenir magistrat. Sarkozy, lui, en a fait un running-gag pour faire rire les militants UMP. C'était à Troyes le 2 octobre :

Si demain, je l'espère pas, dans la grande banlieue de Troyes, il y a une agression, c'est vrai j'étais à Troyes, mais j'ai un alibi, j'étais avec lui !

Et rebelote lundi dernierà Vélizy, en banlieue de Paris :

Si demain il y a une agression dans les rues de Vélizy, monsieur le maire, j'étais à Vélizy, mais c'est pas moi !

Alors, Sarkozy sera mercredi en meeting à Saint-Cyr-sur-Loire, après un discret détour demain par la Corée pour une conférence rémunérée. Donc, vous avez compris, s'il y a une agression à Saint-Cyr, Sarkozy y sera, mais... c'est pas lui ! Alors, vous le savez peut-être, avec Berlusconi ils étaient très copains. L'ancien président du Conseil lui avait même lancé cette vanne en 2009 sur Carla : « Eh, c'est moi qui t'ai donné ta femme ! » Très classe...

Evidemment, je rappelle que Sarkozy, lui, n'a jamais été condamné, que les affaires ne concernent pas sa vie privée. Bref,« Sarkozy c'est Berlusconi, le bunga bunga en moins ». Ce n'est pas moi qui le dis. C'est un sarkozyste !

Ces diatribes contre les juges fonctionnent ! Cela fait même un tabac chez les militants : 90% des électeurs de Sarkozy en 2012 pensent qu'il est victime d'un acharnement judiciaire, selon le baromètre Clai-Métro-LCI.

Le problème, ce sont les Français : ils ne sont que 20% à penser que l'ancien président est « honnête ». Conclusion : taper sur les juges, c'est parfait pour souder son camp, mais totalement contre-productif avec les Français. Or, le challenge de Sarkozy, ça n'est pas l'élection à l'UMP -ce sera une formalité-, c'est la présidentielle de 2017 qui s'annonce beaucoup plus compliquée.

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