Par Renaud Dély

 Nicolas Sarkozy et Alain Juppe en meeting à Limoges le 14 octobre 2015  dans le cadre de la campagne des régionales
Nicolas Sarkozy et Alain Juppe en meeting à Limoges le 14 octobre 2015 dans le cadre de la campagne des régionales © Getty / Romain Perrocheau

Ce soir, c’est donc le premier grand débat de la primaire de la droite. Et dans le camp de Nicolas Sarkozy, on n’en mène pas large. C’est même carrément la panique !

Depuis une semaine, la salve de sondages qui ont tous souligné la dégringolade de l’ancien Président ont semé la consternation chez ses partisans. «Y’a rien à faire, on a tout essayé et c’est le Vieux qui décolle », me confiait un sarkozyste il y a deux jours.

Alors, « le vieux », c’est Juppé. Ce n’est pas très gentil comme formule, mais vous l’avez reconnu. Et s’il y a une chose qui exaspère Nicolas Sarkozy, c’est que le vieux, enfin Juppé, moins il prend des risques, moins il parle, moins ils se montre; et plus il progresse dans les sondages. Chez les conseillers du maire de Bordeaux, on a même théorisé cette discrétion. On appelle ça la campagne « furtive ».

La campagne furtive, Alain Juppé en a fait la démonstration cette semaine. Il ne dit rien, on ne l’entend pas, on ne le voit pas pendant plusieurs jours, il laisse Sarkozy s’agiter. Et d’un seul coup, il sort du bois avec une vacherie terrible.

Sur le volet des affaires, Juppé a balancé à son rival qu’«en matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu’un avenir…» Et hop, juste après, il retourne se planquer. Croyez-moi, il n’y a rien de tel pour taper sur les nerfs de Sarkozy.

Il faut reconnaître que ce n’est pas vraiment le style de l’ancien Président. Sarkozy, c’est même tout le contraire. Quand il s’est lancé, souvenez-vous, il devait déclencher un « blast ». C’était le mot à la mode dans son staff. Sa seule entrée en campagne devait balayer ses adversaires. Dès qu’il a repris deux ou trois points dans les sondages, ses conseillers ont fait l’assaut des journalistes pour répéter : « Regardez, ça marche, Nicolas est de retour ! » Et puis patatras, Sarkozy a rechuté.

Et deux choses affolent ses proches. D’abord c’est que l’ancien Président dégringole dès qu’il se montre. A force de trop en faire, il remobilise ses adversaires décidés à lui faire barrage.

Et puis, pire encore, un autre député de droite m’a fait une confidence qui en dit long sur le moral des troupes. En constatant les difficultés dans lesquelles s’enfonce François Hollande, qui bat des records d’impopularité mais s’obstine à vouloir concourir, il m’a dit : « En fait, Sarkozy et Hollande peuvent dire ce qu’ils veulent, ce n’est même plus un problème de son, c’est un problème d’image, les Français ne peuvent plus les voir en photo… » Cruel, non ?

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