Le PS avait laissé la liberté à ses militants d’aller ou non dans les manifs contre la réforme du travail. Et pourtant, très peu d’élus se sont montrés hier.

Par Marcelo Wesfreid

Hier, il y a eu des tensions pendant la manifestation à Paris. Devant le cortège, il y avait des black blocs, des jeunes casqués qui voulaient en découdre avec les CRS. Et là, je vois arriver qui, sortant de la mêlée, entre deux charges de CRS ? François Kalfon, le conseiller régional d’Ile de France, qu’on voit souvent sur les plateaux télés. Il avait remonté la manifestation et s’était retrouvé au milieu des incidents. Il était tout seul. Tout seul parce que ses camarades n’ont pas défilé avec lui. La majorité d’élus PS n’a pas défilé.

On a vu Benoît Hamon et ses proches mais qui sont de plus en plus en dehors du Parti, en voie d’absorption par Mélenchon

François Kalfon a confié :

Je comprends que certains camarades ne veulent pas venir à cause de la loi El Khomri, mais c’est ici, parmi les déclassés, qu’il faut être pour retrouver notre base.

Pourquoi le reste du PS était-il loin de tout ça? Le hasard fait qu’hier au déjeuner, je me trouvais dans une brasserie près de l’Assemblée Nationale. Et là, on a vu arriver les barons socialistes. Il y avait Cambadélis. Stéphane Le Foll. François Rebsamen et d’autres. Tout ce beau monde est monté à l’étage, s’est enfermé dans un petit salon. Histoire de préparer quelque chose de bien plus important que la manif : la préparation du congrès PS, ce sera en février ou mars. La succession de Cambadélis. En clair, les manœuvres pour garder l’appareil.

Les éternels petits jeux du PS

C’est un peu dérisoire mais en même temps, les socialistes ont encore beaucoup de temps devant eux. Ils le savent. Ils ne seront jamais vus comme les principaux opposants. La place est maintenant trustée par Jean-Luc Mélenchon. Ils savent aussi, c’est ce que le raid de Macron a montré, que pour gagner la règle c’est d’être capable de bondir dans la dernière ligne droite en incarnant les meilleures propositions, pas la meilleure opposition.

Donc, l’enjeu c’est maintenant de reconstruire, en faisant émerger de nouvelles têtes, en ayant un discours crédible, pour profiter de l’espace laissé ouvert entre un Macron de plus en plus libéral et un Mélenchon de plus en plus radical.

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