Le sénateur EELV Jean-Vincent Placé
Le sénateur EELV Jean-Vincent Placé © EPA/MAXPPP

Ce matin, Renaud Dély nous délivre une info incroyable : il a rencontré un ministre heureux.

Oui Eric, c’est dingue, non ? La gauche est au fond du trou, la déprime plane sur le pays et plus particulièrement sur le gouvernement, et j’ai donc rencontré un ministre radieux. Plus étonnant encore, c’est un écolo, un écolo heureux, hé oui, ça existe... Il s’agit de Jean-Vincent Placé, secrétaire d’Etat à la réforme de l’Etat et à la Simplification. Alors évidemment, Placé, je vous vois venir : un politicard cynique, un manoeuvrier, prêt à tout pour devenir ministre et qui est enfin arrivé à ses fins… On connaît le refrain. Bon, reconnaissons que tout n’est pas faux… Mais le personnage est plus compliqué que cela. Pour le comprendre, il faut le fréquenter, comment dire… dans l’intimité.

Euh, comment ça dans l’intimité ? Qu’avez-vous fait exactement ?

Hé bien j’ai déjeuné avec Jean-Vincent Placé samedi dernier dans un restaurant où il a ses habitudes. Un petit couscous qui ne paye pas de mine, à deux pas de la place de La République. Là, il appelle le patron « Tonton », fait la bise à la patronne. Bref, c’est franchement sympa. Tellement sympa d’ailleurs qu’il avait réussi à y traîner François Hollande l’année dernière…

D’emblée donc, une fois attablé, Placé ne cache pas qu’il se régale. Et pas seulement du tagine qui est dans son assiette, mais de son poste au gouvernement. Il s’entend super bien avec « le Boss », c’est Hollande, et son « DG », ça c’est Valls. Il voyage beaucoup. Il était récemment au Canada, sera bientôt en Afrique du Sud. Bref, il bosse, il a plein d’idées et pour vous le montrer, il détaille des modèles d’organisation de l’Etat piochés à l’étranger, ou des dispositifs informatiques pour simplifier les démarches administratives des usagers. Et Placé s’esclaffe carrément lorsqu’il vous annonce qu’il succèdera à l’automne à… Barack Obama ! Non pas à la Maison Blanche mais à la tête du « Partenariat pour un Gouvernement Ouvert » (PGO) une structure multilatérale de 65 pays dont la France doit prendre la présidence pour un an

Et pourquoi Placé vous raconte tout ça. Pour corriger sa réputation, c’est ça ?

Evidemment Eric. Il a intégré les railleries dont il est l’objet. Il sait qu’il a tout fait pour passer pour un arriviste sans foi ni loi, et maintenant qu’il est… arrivé, il veut corriger le tir. Quand on se retrouve sur le trottoir en sortant du resto, Placé comprend vite qu’il lui reste du chemin à faire. Car on croise des manifestants qui vont défiler sur l’avenue toute proche contre la loi El Khomri et à voir la tête qu’ils font quand ils reconnaissent le ministre, je peux vous dire qu’eux, ils n’ont pas l’air heureux du tout… Placé, lui, il continue de sourire. Et il vous glisse qu’il prépare déjà des listes pour les européennes de… 2019. Dans trois ans ! C’est là qu’on comprend ce qui le rend si atypique : c’est un écolo…. qui fait de la politique. Et c’est pas si fréquent.

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