Troisième allocution depuis l’Elysée, hier pour le chef de l’Etat. L’occasion de revenir sur la communication du président, jugée sévèrement par les Français.

Emmanuel Macron, président de la République, durant son allocution télévisée le 13 avril 2020
Emmanuel Macron, président de la République, durant son allocution télévisée le 13 avril 2020 © AFP / Raphael Kessler / Hans Lucas / Hans Lucas

Si l’on en croit un sondage, les Français mettent la note de 9 sur 20 au président pour sa communication. C’est dur. Même pas la moyenne ! Alors, je précise, c’était avant le discours d’hier. 

Il faut dire que le chef de l’Etat a fait le choix de parler, de parler, et encore de parler. Il a saturé la bande passante. Trois fois depuis l’Elysée, vous l’avez rappelé. Une fois, aussi, en direct, depuis un hôpital militaire à Mulhouse.  

En tout, Emmanuel Macron s’est exprimé pendant 92mn. Une heure trente. Enorme. Et comme me l’a dit un conseiller ministériel, "la reine d’Angleterre, elle, n’a parlé que 4 mn et ca a suffit pour comprendre le message".

Le message du président n’est pas clair ?

Emmanuel Macron a tâtonné au début sur la stratégie. Comme beaucoup de leaders. Donc cela ne pouvait pas être très clair. Soyons juste, il faisait face à un virus inconnu. Mais est-ce qu’il a été transparent sur les masques ? Sans doute pas. 

Et puis il y a eu le choix des mots. Le jour où il demande aux Français de rester chez eux, Macron refuse de prononcer le mot de "confinement". Parallèlement, il brouille le message. On le voit se balader partout en France. Il est allé dans le 93, à Paris, à Angers. Il est allé à Marseille pour voir le professeur Didier Raoult.  

Ajoutons à cela, un détail, qui n’en n’est pas un. Sur le terrain, Emmanuel Macron porte le plus souvent un masque. Or, vous l’aurez remarqué, le reste du gouvernement évite d’en porter, pour ne pas contredire la doctrine officielle. A savoir on réserve le port du masque aux soignants et aux personnes infectées. Encore une contradiction. 

Et que peut-on dire de la tonalité de ses prises de parole ?

Là encore, elle a beaucoup fluctué, à l’image de cette gestion de crise, en zigzag. On a eu les discours empathiques, le ton martial du chef de guerre. On a à l’inverse des moments d’espoir. 

Et puis, on a eu, ce que j’ai envie d’appeler, le cinéma muet. Des visites auprès des soignants, des chercheurs, des SDF. Parfois en interdisant à la presse d’être là. Des sortes de cartes postales. 

Hier, c’était une nouvelle variation de style. Ce n’était pas le sang et les larmes, c’était plus optimiste, il y avait de l’empathie, mais aussi des mea culpa et du concret. Bref, une nouvelle partition. En attendant la prochaine. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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