C'est demain que nous étions censés retrouver un semblant de vie quasi-normale. Mais finalement il n’en sera rien, ou presque. Puisque le secteur culturel et les lieux recevant du public resteront fermés jusqu’au 7 janvier au mieux. Et qu’après la parenthèse de Noël, il faudra fêter le Nouvel An seul chez soi.

Cette mauvaise nouvelle, c’est le premier ministre, Jean Castex, qui l’a annoncée, jeudi soir, avec le ministre de la Santé Olivier Véran à ses côtés. Et ça n’est pas un hasard si ce sont les deux hommes qui ont été envoyés en première ligne.

Il y a une grosse différence entre le premier confinement du printemps dernier, et celui d’aujourd’hui. À l’époque, si l’on en croit les ministres qui ont connu les deux périodes, Édouard Philippe adoptait une ligne plutôt équilibrée. Il cherchait systématiquement à composer entre l’impératif sanitaire d’un côté, et les réalités économiques de l’autre. Il s’efforçait de trouver une sorte de « _en même temp_s » entre l’indispensable et l’acceptable… Et surtout, il laissait le président de la République prendre ses décisions, sans jamais chercher à l’influencer.

Or Jean Castex, à écouter là encore plusieurs de ses ministres, ce serait tout le contraire. Certains le décrivent d’ailleurs comme un ministre de la Santé bis. Quelqu’un qui plaide tout simplement pour tout fermer, tout le temps. Et qui finit souvent par l’emporter, d’ailleurs, en Conseil de défense parce que cette stratégie elle isole un petit peu Emmanuel Macron, en le faisant passer pour un irresponsable, qui ne mesurerait pas suffisamment l’urgence et la gravité de la situation.

Alors, non, Emmanuel Macron ne voudrait pas tout rouvrir tout de suite, quand même pas… Mais sa ligne est simple, elle consiste à « vivre avec le virus ». C’est-à-dire à tenter de s’adapter progressivement, et à arrêter de mettre le pays sous cloche tous les trois mois. Parce que le président de la République a conscience que le « quoiqu’il en coûte » ne peut pas durer éternellement. Et que, si la situation épidémique continue à se dégrader, et que le vaccin tarde à arriver, il faudra non seulement « vivre avec le virus », mais aussi apprendre à « réformer avec le virus ». Autant dire qu’on en est loin…

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