Par Marcelo Wesfreid.

Il présente aujourd’hui la réforme du baccalauréat en Conseil des ministres. Jean-Michel Blanquer le ministre de l’Education nationale est en train de devenir l’une des cartes maîtresses du Macronisme.   

Franchement,il a des semaines qui feraient trembler bien des ministres de l'Education nationale. Ces derniers jours, Jean-Michel Blanquer avait sur son bureau une réforme de l’apprentissage, un rapport sur l’enseignement des maths, une réforme du bac, aujourd'hui, il reçoit vendredi un rapport sur la formation professionnelle. Et comme si cela ne suffisait pas… demain soir, il est l’invité de la grand émission de France 2, en prime time, l’Emission politique, et qui dure trois heures. Il sera sur le gril. Lui, qui était encore un inconnu il y a huit mois. Rappelons quand même au passage que chacune des réformes que Jean Michel Blanquer est en train de lancer sont des bombes en puissance, qu’on ne compte plus par exemple le nombre de ministres qui ont sauté pour avoir voulu toucher au sacro-saint baccalauréat…    

Et pourtant, ca a l’air de passer sans trop de résistance, pour lui !    

Oui, c’est le moins qu’on puisse dire. Les marcheurs l’adorent. Normal. Il est devenu l’un des leurs. La droite aussi – il faut dire qu’il a travaillé avec plusieurs ministres de droite comme Xavier Darcos. Et en plus, il remet au goût du jour la dictée, le conseil de discipline . Il vole au secours du latin et du grec, il aime bien l’uniforme à l’école. Mais il a la cote aussi à gauche, c’est frappant, on n’entend pas grand monde dire du mal de lui. Ni Peillon, ni Hamon, ni Najat Vallaud Belkacem, ses prédécesseurs… Quand on les appelle sur le sujet, il ne répondent pas ou ne veulent pas s'exprimer. Il faut dire que certaines mesures passent bien comme le dédoublement des classes de CP en zone défavorisées. Et puis, disons le, les socialistes ne sont pas à l’aise avec leur propre bilan. Ils ont mis les moyens – 60 000 postes – pour un gain politique très faible. La réforme des rythmes scolaires a été un fiasco – Blanquer est d’ailleurs rapidement revenu dessus.    

Quelle peut être la suite de sa carrière politique ?   

Il l’a dit et répété. Aucun autre poste ministériel ne l’intéresse. Il a fait toute sa carrière dans l’éducation nationale et l’université. Il veut continuer dans le secteur. C’est l’énorme force du gouvernement à la sauce Macron. On a des ministres experts, qui ne cherchent pas à sortir de leur couloir pour prendre la place du voisin, ou enchaine les postes. L’inconvénient de ces profils, c’est qu’ils ont du mal à porter la voix du gouvernement, à élargir leur palette, bref à faire bouclier pour le président. Le prime time de Blanquer de demain sera donc un test, un grand oral, très observé au sommet de l’exécutif.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.