Par Renaud Dély

A neuf mois de la primaire de la droite, un vent de panique souffle chez les sarkozystes.Le chef dégringole et les fidèles s’interrogent. Rue de Vaugirard, l’ambiance est plombée.

« Nicolas a perdu la main », se répètent ses proches. Le sondage Ifop publié lundi dans Le Figaro a semé l’effroi. Rappelons qu’Alain Juppé continue d’y creuser l’écart et devance désormais l’ancien chef de l’Etat d’une douzaine de points. Surtout, Sarkozy s’effondre parmi les sympathisants du parti Les Républicains, le noyau dur de ses supporters. Et le fait que Le Figaro fasse sa Une avec ce sondage calamiteux n’a pas échappé aux ténors de la droite. « Si même Le Figaro lâche Sarkozy, c’est que c’est vraiment mal parti… », soupire un ancien ministre. Le tout en attendant le retour en piste de Jean-François Copé, dans quelques jours, et une éventuelle mise en examen de Sarkozy dans l’affaire Bygmalion avant l’été. On comprend que l’ambiance soit plutôt lourde.

Sarkozy a été reçu par Hollande
Sarkozy a été reçu par Hollande © MaxPPP

Alors pour garder l’espoir, les sarkozystes ont un nouvel élément de langage, comme on dit: «Sarkozy est dans la position de Chirac à l’automne 1994. » Il y a vingt ans, le grand favori, Edouard Balladur, avait été battu et c’est Chirac, auquel plus personne ne croyait, qui avait gagné. Sauf qu’il y a une énorme différence : Jacques Chirac, à l’époque, n’avait encore jamais été Président. Voilà le boulet qui plombe Nicolas Sarkozy. Il a déjà fait un mandat, il a été battu en 2012 et il refuse d’exorciser ce passé. Depuis des mois, plusieurs de ses proches l’incitent à faire son « droit d’inventaire » et Sarkozy les envoie bouler. « Il est incapable d’admettre le moindre tort, de reconnaître la moindre erreur », se désole un de ses anciens ministres. Un autre mise encore sur un futur livre à paraître, dans lequel Sarkozy confesserait enfin ses fautes, en particulier ses fautes de comportement. Mais l’ex-Président continue d’entretenir le suspense sur la publication de l’ouvrage.Pour réagir, Nicolas Sarkozy vient tout de même de changer une bonne partie de l’équipe dirigeante du parti. Mais ses choix sont très contestés. D’abord parce qu’il hésité jusqu’au bout sur plusieurs noms. Ensuite parce qu’il a été contraint de rappeler à ses côtés quelques anciens comme Valérie Debord, Guillaume Peltier ou Roger Karoutchi. « Les visages de la défaite de 2012 » ricane-t-on chez Juppé.

Bien sûr, le fidèle d’entre les fidèles, l’inamovible Brice Hortefeux, remonte le moral des grognards. Il en a réuni une trentaine avant-hier dans un hôtel parisien. Mais en sortant du petit-déjeuner, l’un des participants confiait volontiers son doute grandissant : « Si à la fin de l’été Nicolas voit qu’il n’a aucune chance, il ne se présentera pas ».

La preuve, explique le même, il continue de donner ses conférences fort bien rémunérées à l’étranger. La tentation d’Abu Dhabi ou la corvée de la primaire, il va falloir choisir…

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