Alors que le mouvement des Gilets jaunes semble profiter essentiellement au Rassemblement national, Marine Le Pen a fait la semaine dernière un appel du pied à Mélenchon, en soulignant les « convergences » qui existaient entre-eux.

Marine Le Pen le 13 janvier 2019, à Paris, lors du meeting de lancement de la campagne de la RN pour les élections européennes de mai 2019.
Marine Le Pen le 13 janvier 2019, à Paris, lors du meeting de lancement de la campagne de la RN pour les élections européennes de mai 2019. © AFP / Jacques Demarthon

La crise actuelle peut-elle augurer d’une union des populistes ? 

Une alliance sur le modèle de celle entre l’extrême droite et l’extrême gauche, au pouvoir en Italie me semble totalement invraisemblable. Pour plusieurs raisons : 

Tout d’abord, la personnalité de Jean-Luc Mélenchon et des principaux dirigeants des Insoumis, dont les racines républicaines, bien marquées à gauche rendent impossible un ralliement à l’extrême droite.  

Ensuite, la mise à l’écart récente, des tenants de la ligne populiste au sein des Insoumis et qualifiés de nationaux-identiaires par Mélenchon lui même, laisse plutôt penser que la ligne gauchiste n’est pas encore marginale dans le mouvement… 

Enfin, on a vu hier dans un sondage publié par le JDD, que les Français à 82% ne voulaient pas d’une alliance Le Pen-Mélenchon. 

Mais attention, cela ne veut pas dire que les convergences dont parle Marine Le Pen, n’existent pas. Bien au contraire… 

Quelles sont-elles ?

L’Europe est sans doute la plus évidente. Ils partagent également une même colère contre les médias et la justice… Vous vous souvenez comment Marine Le Pen – elle même visée par plusieurs enquêtes judiciaires - avait volé au secours de Mélenchon après l’histoire des perquisitions chez les Insoumis… 

Et puis ils ont surtout en commun aujourd’hui une détestation totale pour Emmanuel Macron. Il n’était pas anodin d’entendre hier Jordan Bardela, la tête de liste du RN aux européennes, parler de ces prochaines élections comme « d’un référendum sur la politique de Macron », soit à peu près les mêmes termes que ceux employés par Jean-Luc Mélenchon, à Marseille en août dernier.

Résultat : on assiste depuis quelques semaines à une course à l’échalote entre les deux principaux opposants à Emmanuel Macron pour tenter de récupérer le mouvement des « gilets jaunes ». Avec peu ou prou les mêmes arguments…  Et une large avance dans les sondages pour le Rassemblement national. Comme si la stratégie populiste de Mélenchon et des Insoumis, suscitait plus défiance que de confiance.  En revanche celle de Marine Le Pen semble aujourd’hui validée.  Elle a compris qu’il n’était – pour l’instant – pas envisageable de passer un deal électoral avec les Insoumis comme d’ailleurs avec les Républicains de Laurent Wauqiez, même si avec eux aussi il existe des « convergences ». 

Mais en soulignant leurs accords sur le fond, comme en accueillant certaines personnalités – je pense par exemple au ralliement de Thierry Mariani, cette semaine – la cheffe de l’extrême-droite compte bien capter une part de leur électorat. Etre la leader de tous les populismes, plutot que d’organiser une alliance partisane, voilà bien l’ambition de Marine Le Pen.

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