On connaît tous l’Assemblée nationale et le Sénat. Mais il y a une troisième chambre prévue par la Constitution : le Conseil économique social et environnemental, situé en face de la tour Eiffel. Il avait mauvaise presse mais qui est très à la mode, maintenant, chez les macronistes.

Immeuble du CESE (conseil économique, social et environnemental), Paris
Immeuble du CESE (conseil économique, social et environnemental), Paris © AFP / KARINE PIERRE / HANS LUCAS

Le Général de Gaulle avait imaginé de réunir là, dans une même enceinte : les syndicats, le patronat et les associations. L’idée, c’était de les pousser à se parler, à réfléchir ensemble. Principe tout à fait noble. Sauf qu’avec les années, cette institution s’est encroûtée. Elle aujourd’hui très décriée.

On ne compte plus le nombre de gens qui veulent la supprimer, qui disent que le CESE, c’est son autre nom, ne sert à rien. A part pour recaser quelques amis politiques, aux frais du contribuable. 

Le président ne jure plus que par le CESE

Il y était vendredi et il a prévenu qu’il reviendrait. Quant à Edouard Philippe, il y est déjà allé quatre fois. Ces grands discours sur les retraites, dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, c’est dans cet endroit qu’il les a prononcés.  

C’est aussi au CESE qu’a lieu, actuellement, la Convention citoyenne sur le climat. Vous savez ces 150 citoyens tirés au sort. Ils doivent proposer à l’exécutif leur plan contre le réchauffement climatique. 

Cette convention sur le climat est le prototype de ce que veut justement faire le chef de l’Etat. Créer un conseil de la participation citoyenne. Avec des Français tirés au sort. Des débats dans tous les sens. 

C’est la réponse imaginée par Emmanuel Macron pour essayer de rétablir la confiance, pour renouer le lien entre la décision politique et le peuple. C’est une forme de démocratie directe et on sait que les Gilets jaunes en réclamaient davantage, même si eux auraient préféré ce qu’on appelle le RIC : le référendum d’initiative citoyenne. 

Cette transformation du conseil économique social et environnemental est pour bientôt ?

A l’origine, c’était dans la révision institutionnelle. Mais, cette révision elle a été enterrée. 

Alors, Emmanuel Macron l’a sortie du texte initial. Il l’a sauvée en quelque sorte. Elle va vivre sa vie sous la forme d’une loi organique, qui sera examinée avant la fin du quinquennat. Le chef de l’Etat l’a promis. On connaîtra demain le calendrier, après le séminaire gouvernemental. Une histoire en tout cas qui en dit long sur le déclin en cours des formes traditionnelles de la politique

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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