Pourquoi cette phrase d'Emmanuel Macron a tant choqué ? Un tsunami d'indignation qui peut paraître étonnant au premier abord.

Par Etienne Gernelle

Les dépenses publiques sociales en France représentaient, en 2016, 714 milliards d’euros. 714 milliards. Si ce n’est pas un « pognon de dingue », je ne sais pas ce que c’est qu’un « pognon dingue ». Ou alors il faudra m’expliquer à partir de combien c’est un pognon de dingue. 

Juste quelques chiffres en plus pour être complet. Les dépenses sociales en France représentent 33,9% du PIB. Record mondial. Même les Danois font moins. La France, c’est 1% de la population mondiale, et 15% des aides sociales. 

Bref, cela ne signifie pas qu’il faut les supprimer, personne ne dit que cela ne sert à rien ! Mais à ce prix on a quand même le droit de questionner leur utilité, de les évaluer…

C’est peut-être le vocabulaire qui a choqué… « Pognon », un Président devrait dire ça ?

Mais que l’on dise pognon, flouze, artiche ou pèze, l’argent c’est de l’argent et c’est peut-être aussi cela qui gêne dans un pays qui cultive une détestation particulière de l’argent. Qui n’aime pas en parler. Que cela concerne les pauvres ou les riches, d’ailleurs. Souvenez-vous des propos du même Macron sur les jeunes de banlieue qui devaient pouvoir « devenir milliardaires »… Ils avaient également choqué. 

Cela remonte à loin. Je ne vais pas vous resservir Max Weber et l’Ethique du protestantisme mais plus loin encore : Rousseau, dans les « Confessions ». Je cite : « Il ne me faut que des plaisirs purs et l’argent les empoisonne tous »… Ne parlez pas d’argent en France, c’est pas chic.

Un hasard, la Une du journal Le Point sur les dépenses publiques et particulièrement des dépenses sociales.

Un titre qui est une question : « aura-t-il le cran ? »

car on n’est pas du tout certains qu’il aille jusqu’au bout de cette réforme de la dépense publique. Et pourtant, il n’a pas le choix, il ne peut pas s’en désintéresser, car les sommes en jeu sont considérables. 

Comme le disait le regretté Cavanna, « il faut mépriser l’argent, surtout la petite monnaie ».

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