La France va bientôt prendre la présidence de l’Union européenne. On parle souvent des « 100 jours » du président, qui marquent une forme d’état de grâce et de capacité d’action quasi-totale pour celui qui vient d’être élu. Qu'en est-il de la présidence de l'Europe ?

La France va prendre la présidence de l'Europe
La France va prendre la présidence de l'Europe © Getty / Amer Ghazzal

Pendant ses 100 premiers jours comme président, Emmanuel Macron en avait par exemple profité pour faire passer ses fameuses « ordonnances travail » - c’était en 2017… 

Et bien il s’apprête à renouveler cet exercice des « trois mois utiles », dès le 1er janvier prochain, pour la présidence française de l’Union européenne.  Alors normalement, ce mandat qui est tournant entre les 27, il est censé durer 6 mois. Sauf que, l’année prochaine, ça n’a échappé à personne, il y a une élection présidentielle. Et donc une période de réserve liée à la campagne, qui va entrer en vigueur le 31 mars. 

Ce qui amputera automatiquement l’exécutif de la deuxième moitié du semestre, censé durer jusqu’au 31 juin.  

Et comment compte t'il s'y prendre ? 

En rentrant dans le dur trois mois avant. C’est-à-dire que dès septembre, en fait, tous les ministres concernés par les dossiers européens seront invités à travailler dans les conditions du direct.

Ils vont consulter leurs homologues, ils vont se déplacer chez nos voisins… Bref, ils vont préparer le terrain pour que le chef de l’État n’ait plus qu’à arriver, se saisir des chantiers, et les lancer sans perdre une minute.  

Ce qui est un petit peu cocasse, dans cette histoire, c’est que si Emmanuel Macron est battu au printemps 2022, celui ou celle qui lui succédera héritera de la présidence française de l’Union européenne, et devra la mener à son terme. Et je peux vous dire qu’au gouvernement, on n’ose imaginer à quoi cela pourrait ressembler si c’est Marine Le Pen qui venait à l’emporter…  

Sur le fond, connaît-on déjà les dossiers prioritaires que la France veut mettre à l’agenda ? 

Il y en a quatre au total. Un volet climatique, un volet social, un volet économique et numérique (avec notamment la taxation et la régulation des grandes plateformes). Et puis un volet migratoire, qui sera sans aucun doute le plus gros morceau.   

L’idée c’est de remettre la pression sur les pays du Maghreb, qui rechignent trop souvent à récupérer leurs ressortissants. C’est aussi de mettre la pression aux pays de l’Est, pour les obliger à participer aux mécanismes de solidarité dans l’accueil des réfugiés. Et le dernier point, c’est enfin le renforcement des frontières extérieures de l’Europe, et la très attendue réforme de l’espace Schengen.   

Autant de thèmes qui seront, comme par hasard, des axes forts de la prochaine campagne présidentielle.