La droite a trouvé un angle d’attaque qu’elle ne lâche plus contre François Hollande, mais cet angle n’est pas forcément le bon.

Comme un seul homme, la droite reproche au Président de reporter les élections régionales et cantonales. Elles devaient avoir lieu au printemps 2015, finalement ce cela pourrait être à l’automne 2015, pourquoi pas en 2016. En tout cas, depuis cette annonce de François Hollande la semaine dernière, l’opposition assure qu’il agirait par « convenance personnelle. » On va écouter le président de l’UMPJean-François Copé livrer son analyse :

D’abord, précisons que le report n’est pas officiel. François Hollande en a simplement évoqué la possibilité. Ensuite son argument de fond est valable. Il a promis une réforme territoriale de très grande ampleur : suppression complète des départements et division par deux du nombre de régions. Entre les obstacles juridiques et les oppositions sur le terrain, aller au bout de ce projet ne sera pas franchement de tout repos… La question de l’organisation des élections peut se poser sans tabou.

françois hollande toujours impopulaire pour son deuxième anniversaire
françois hollande toujours impopulaire pour son deuxième anniversaire © reuters

François Hollande a une gestion très pragmatique du pays. Il s’est attelé au travail ingrat du redressement des comptes publics, il cherche à faire des économies partout, cette réforme est censée précisément rapporter de l’argent à l’État. Ensuite, sa présidence manque de marqueur.

Il se forge bien une image solide sur le terrain internationale, des Affaires étrangères à la Défense, François Hollande décide, va au bout, on l’a vu avec le Mali ou la Centrafrique. Il y a bien le mariage pour tous qui restera symbolique.

Mais pour le reste, c’est assez faible. Fatalement, François Hollande comme n’importe quel président, veut imprimer son passage dans l’Histoire. Cela ne fait pas de lui un président électoraliste pour autant. Au contraire.

Pendant la campagne présidentielle, François Hollande savait à qui parler pour l’emporter. Il lui fallait des voix sur sa gauche, d’où sa volonté de lutter contre la finance, d’où aussi sa promesse de taxer les très hauts revenus à 75 %. Tout ça était très électoraliste. Aujourd’hui, il se comporte presque comme si il se fichait de ne faire qu’un mandat. L’homme du discours du Bourget est devenu un social démocrate qui prône une politique de l’offre par l’aide aux entreprises, qui dialogue avec les grands patrons, qui méprise totalement son aile gauche et encore plus le PCF ou le Front de gauche. Des électeurs pourtant indispensables s’il veut rester à l’Elysée.

Pour autant, il n'a pas perdu d'avance. Peut-être que son action sur le terrain économique finira par se faire sentir. Et sur le plan du discours, rien ne l’interdit d’évoluer. Souvenez-vous de Nicolas Sarkzoy. Lorsqu’il est devenu Président, l’homme de l’ouverture faisait référence aux grandes figures de la gauche, à Jaurès, à Blum. Tout cela pour finir par une campagne en 2012 à droite toute, directement inspirée par Patrick Buisson. Le but était de récupérer les voix de droite tentée par le FN. Rien ne dit que dans la dernière ligne droite François Hollande n’opérera pas lui aussi un grand virage à gauche. Après tout, en politique, les mémoires sont courtes.

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