A Cuba, François Hollande a fait une confidence qu’il ferait bien de mettre en pratique.

À la fin de sa journée « historique » -c’est ce qu’il a répété à toutes les étapes- à La Havane, François Hollande a parlé un peu avec nous, les journalistes qui le suivaient. Et il a glissé que lors de leur entretien bilatéral, Raul Castro, qui dirige Cuba depuis le départ de son frère Fidel Castro, lui avait a confié son intention de réformer les institutions cubaines en 2018. C’est le moment où il quittera le pouvoir et pour poursuivre l’ouverture, il compte faire en sorte que les dirigeants ne puissent plus le rester ad vitam aeternam.

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En France, c’est quand même un autre système, incomparable. Mais il n’empêche que sur les institutions, François Hollande a encore un gros chantier devant lui, ne serait-ce que parce qu’il n’a pas encore respecté l’une de ses plus importantes promesses de campagne : introduire une dose de proportionnelle dans les élections législatives.

Déjà, François Hollande a l’impression d’avoir fait évoluer les institutions, notamment en faisant voter le non-cumul des mandats ou en luttant pour plus de transparence de la vie politique depuis l’affaire Cahuzac.

En revanche, sur la question de la proportionnelle, je ne suis pas sûre de vous surprendre en disant cela, mais ce n’est pas très clair. Il dit oui, puis non, puis peut-être, puis on verra.

Mais s’il veut vraiment frapper un grand coup, il peut toujours écouter Jean-Christophe Cambadélis le patron du PS qui a beaucoup d’audace en la matière. Ce dernier s’est confié à Ghislaine Ottenheimer, rédactrice en chef à Challenges , qui a sorti très récemment un livre, Poison présidentiel, dans lequel elle dénonce notre système actuel et l’élection du Président au suffrage universel -qui en fait un peu un monarque déconnecté.

jean-christophe cambadélis annonce une lutte à mort en 2017
jean-christophe cambadélis annonce une lutte à mort en 2017 © reuters

Cambadélis pense aussi qu’il faut faire évoluer le système et, d’ailleurs, il compte organiser une convention en 2016 sur les institutions. S’il va au bout de son idée, ça devrait faire beaucoup de bruit. « Il faudrait redéfinir le rôle du Président et du Premier ministre de manière à ce que ce dernier procède de l’Assemblée, et le Président, du peuple », dit Cambadélis. Et quand la journaliste lui demande s’il serait prêt à proposer que le Premier ministre gouverne, et donc que le Président n’assiste pas au Conseil des ministres et ne puisse pas dissoudre, il dit : « oui il faut y réfléchir, on le fera après le congrès ».

En réalité, on sait que François Hollande est très attaché à la Vème République et à ses institutions, et ce n’est a priori ni Cuba, ni Cambadélis qui lui feront changer d’avis.

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