Par Renaud Dély.

Le président du Modem avait disparu et voilà qu’il réapparaît…  

Il revient, et il n’est pas content. François Bayrou a retrouvé l’usage de la parole et pour Emmanuel Macron, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. En fait, depuis un moment, l’élu béarnais considère que la politique du chef de l’Etat dévie et qu’elle commence à pencher dangereusement à droite. Et coup sur coup, deux décisions l’on fait sortir de ses gonds. D’abord le projet de réforme des institutions avec une part de proportionnelle limitée à à peine 15 % des députés alors que Macron lui avait promis une part minimale de 25%. Et puis l’annonce de la suppression de « l’Exit tax » qui va bénéficier à une poignée de très très fortunés…  

Mais François Bayrou continue de soutenir très clairement Emmanuel Macron ?   

Et il le répète dans un long entretien qu’il accordé hier au Parisien. Mais dans cette interview, François Bayrou appuie là où ça fait mal. Il demande au chef de l’Etat de conduire une politique « plus juste ». Et il oppose même les Français aux investisseurs en reprochant à Emmanuel Macron de s’intéresser un peu trop aux seconds, et pas assez aux premiers. Au passage, il déplore d’ailleurs « la baisse inopportune des APL », alors que le Président moquait encore vertement la semaine derrière dans un documentaire la médiocrité de ceux qui luttent pour « 50 euros d’APL »…     

Mais François Bayrou peut-il vraiment gêner le Président ?  

Alors sur le plan des institutions, très clairement non ! Jupiter a tous les pouvoirs, et un groupe de députés marcheurs godillots qui lui obéit au doigt et à l’oeil. Mais à terme, c’est plus ennuyeux. Parce que les critiques de Bayrou confortent l’image de « Président des riches ». Et en septembre 2016, cinq mois avant de le rallier, qui était le plus virulent critique d’Emmanuel Macron ? Qui répétait qu’il était « le candidat des grands intérêts financiers » et « des puissances de l’argent » ? Un certain François Bayrou.

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