Nous sommes à un peu moins de deux semaines des européennes. Les ministres sont tous déployés sur le terrain. Ils participent à la campagne, vont de meetings en meetings, mais sans pouvoir peser autant qu'ils le voudraient.

Hier, j'étais en Normandie. J'ai croisé pas moins de six ministres en campagne pour leur ex-collègue Nathalie Loiseau, qui en a bien besoin. Il y avait des régionaux de l'étape comme le ministre de l'Economie Bruno Le Maire

ll y avait aussi des ministres comme Annick Girardin, la ministre des outre-mer, qui a fait un discours dans une exploitation de pommes de terre. 

Qu'est-ce que la ministre des outre-mer faisait là-bas ? 

C'est simple : Emmanuel Macron a sommé le gouvernement d'aller sur le terrain. Il leur a mis la pression. En leur faisant comprendre qu'il y aurait un remaniement derrière, après les européennes.  Donc tout le monde s'exécute. Certains font du zèle, sont en meeting tous les jours, comme Julien Denormandie, le ministre du Logement. Attention, il ne s'agit pas de déplacements tout confort... On est entré dans ce qui s'appelle la période de réserve. Avant les élections, les ministres n'ont plus le droit d'utiliser les moyens de l'Etat pour se déplacer. Finis, les convois, les motards, les collaborateurs. C'est voiture de location pour tout le monde et pas de chauffeur. Tous les déplacements doivent être facturés à l'équipe de campagne (celle de Nathalie Loiseau, en l'occurrence). Comme ça, on ne fausse pas l'élection. 

La règle est assez stricte puisqu'on demande aussi aux ministres de ne pas lancer de nouvelles lois ou de ne pas lancer des campagnes de pub sur leur bilan. Ils doivent rester le plus neutre possible, ce qui est contradictoire avec le fait d'être en campagne. 

Cela a une conséquence étonnante, c'est que les ministres se tournent les pouces. Ils attendent la fin de la campagne pour remettre du charbon dans la machine législative.  A l'inverse, le mois de juin s'annonce redoutablement chargé avec tous les textes en souffrance, suspendus depuis le grand débat qui vont arriver sur la table.  

En attendant, est-ce que le déploiement des ministres sur le terrain peut servir Nathalie Loiseau ?  

Les ministres impriment peu. Mais ce n'est pas grave. Car on n'est pas dans une présidentielle. L'enjeu n'est pas de convaincre les indécis ou de retourner l'opinion publique. La participation est très faible. Non, c'est de mobiliser son camp, ses sympathisants pour qu'ils viennent voter.  Or, les ministres sur le terrain, tous les jours, ça mobilise les relais d'opinion, notamment les maires. Et comme on dit : les petits ruisseaux finissent par faire les grandes rivières. 

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