Par Jonathan Bouchet-Petersen

Ils sont quatre et tout le monde les connaît. Marine Le Pen, Marion Maréchal Le Pen, Florian Philippot et Nicolas Bay. Dans les médias nationaux, ce quatuor concentre la quasi-totalité de la parole frontiste.

C'est même pire que ça depuis que la présidente du FN joue la carte de la rareté (relative) de sa parole en vue de 2017.

Comme en plus, la députée du Vaucluse Marion Maréchal Le Pen a, elle, son agenda perso (elle sera demain en Italie) et une petite musique qui ne s'embarrasse pas de la version officielle du Front, ce sont en fait deux voix qui martèlent la parole du parti d'extrême droite.

Florian Philippot et Nicolas Bay, deux trentenaires de 34 et 38 ans respectivement, aussi affutés qu'affamés de médias, issus de la génération de chaînes d'infos en continu.

Philippot : le social populiste tendance souverainiste. Et Bay : le libéral identitaire tendance nationaliste. Deux ambitieux ravis de leur exposition et toujours 100% raccords avec leur patronne.

Florian Philippot, depute europeen et vice president du Front National
Florian Philippot, depute europeen et vice president du Front National © Aurelien Morissard / IP3;

On pourrait penser que le FN demande aux médias d'inviter d'autres personnalités du parti...Justement non. Surtout pas, même.

Au Front National, on se satisfait très bien de cette concentration de la parole. C'est un sacré confort, comparé à la cacophonie qui règne dans les autres partis. Au FN, au-delà des anicroches entre Philippot et la jeune Maréchal-Le Pen, ou des sorties du grand-père, il n'y a pas grand-chose à signaler…

Pourtant, il arrive au FN de se plaindre que les médias nationaux n'invitent pas plus largement ses élus…Mais ça, c'est le discours en façade sur "ces salauds de médias" et ces magnifiques élus FN "privés de micros".

Mais récemment, alors qu'à la sortie d'un studio de radio j'évoquais avec Nicolas Bay, le secrétaire général du Front, son omniprésence dans les médias et le fait qu'on n'entend que lui et Philippot, il m'a répondu : «et vous croyez qu'on s'en plaint ?» Comme possible invité, je teste le nom de Steve Briois, ex-secrétaire général du FN et, surtout, maire d'Hénin Beaumont , la ville qui sert de maison témoin au frontisme municipal ? Bay évacue l'hypothèse: «pas assez compétent sur les sujets nationaux»

Et Sophie Montel , l'eurodéputée qui a failli remporter la région Bourgogne-Franche Comté ? Sourire gêné de notre interlocuteur.

Louis Aliot alors, le compagnon de la présidente du FN ? Toujours pas: «Le mieux c'est quand même Marine, moi ou Florian.» On avait compris.

Et Nicolas Bay ajoute alors que la porte de l'ascenseur se referme:«Louis Aliot, de toutes façons, ilpréfère vraiment les sujets régionaux…» Pour un élu au parlement européen, c'est dommage !

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