Les réalités alternatives, ou tout simplement les bons gros bobards des candidats à la présidentielle.

Par Jean-Baptiste Daoulas

“Alternative facts”, c’est une expression inventée par la proche conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, pour décrire les mensonges éhontés du président américain et de ses proches. Le principe, il est simple. Si la réalité ne vous plait pas : il suffit d’en inventer une autre.

Et après l’élection américaine, cette mode des “alternative facts” arrive dans la campagne présidentielle française. Dernier exemple en date, François Fillon a affirmé la semaine dernière que des chaînes de télévision avaient annoncé en direct le suicide de sa femme. C’est évidemment complètement faux, et quand on le lui fait remarquer, le candidat explique que ce n’est pas la télévision mais les réseaux sociaux qui ont inventé le suicide de sa femme. : A quel réseau social pense-t-il ? Instagram, Twitter, ou Facebook ? on n’en saura pas plus. L’information est complètement invérifiable. Mais le mal est fait : François Fillon a pu se présenter, aux yeux des Français, en victime du système médiatique.

Cette manie d’inventer des informations, personne n’y échappe. Je vais vous raconter une scène un peu surréaliste à laquelle j’ai assisté jeudi dernier au quartier général de Benoît Hamon. Le candidat recevait la visite très symbolique de Bernard Cazeneuve. Toute la presse était convoquée pour immortaliser le soutien tant attendu du Premier ministre à Benoît Hamon. Sauf que, patatras, à la sortie de leur entretien, Bernard Cazeneuve n’a pas déclaré clairement qu’il soutenait Benoît Hamon. Il a même plutôt donné l’impression de faire la leçon au candidat en disant qu’il fallait rassembler davantage la famille socialiste.

Qu’à cela ne tienne, l’équipe de Benoît Hamon a inventé une belle citation de Bernard Cazeneuve; Ouvrez les guillemets : “Je suis disponible pour le soutenir dans cette campagne.”

Une des porte-parole de Benoît Hamon a immédiatement posté la citation imaginaire de Bernard Cazeneuve sur Twitter. Et le responsable de la communication du candidat, est allé voir les journalistes un par un pour les convaincre que le Premier ministre l’avait vraiment réellement prononcée.

Mais ça n’a pas marché. Les confrères de Reuters et de l’Agence France Presse l’ont gentiment envoyé bouler après avoir réécouté la déclaration de Bernard Cazeneuve.

On a beau être en 2017, parfois les faits restent têtus.

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