Quatre mois après l’intronisation de Christophe Castaner à la tête de La République en marche, c’est au tour de l’organisation de jeunesse de se réunir ce samedi, pour la première convention des Jeunes avec Macron qui prend des allures de grand’messe.

Par Mathilde Siraud.

Cette association créée en 2015 et qui revendique 25 000 adhérents a vu les choses en grand. Les jeunes avec Macron – les « JAM » comme il faut les appeler- ont privatisé le prestigieux pavillon Baltard, en banlieue parisienne, pour leur événement – une salle de spectacle où a été tourné notamment l’émission la Nouvelle Star. Environ 1500 militants sont attendus et une dizaine de ministres feront  le déplacement. Les poids lourds du gouvernement seront présents, Jean-Michel Blanquer fera un discours, Marlène Schiappa, Benjamin Griveaux ou encore Julien Denormandie et Christophe Castaner.

Un gros dispositif donc pour ce mouvement de jeunesse financé par le parti de Macron qui a pour objectif de défendre la politique du gouvernement auprès des jeunes, de participer aux campagnes européennes et municipales à venir…

Pour mobiliser ces jeunes, il va falloir se choisir un chef

On est maintenant habitué, il est déjà choisi avant même d’avoir été élu ! Les quatre cofondateurs des Jeunes avec Macron - depuis devenus députés ou conseillers ont choisi d’introniser un de leur proche, il s’appelle Martin Bohmert.

Il coche toutes les cases : un provincial de 29 ans qui a réussi à Paris, un parcours brillant, il est passé par Centrale et Sciences Po Paris pour devenir ingénieur. Il a été formé au mouvement des jeunes socialiste, il a créé pendant la campagne une antenne de LREM à Dubaï et Abou Dhabi. Martin Bohmert veut incarner « l’émancipation et l’engagement ». 

Autour de lui une équipe dirigeante d’une vingtaine de personnes qui sera élue samedi ou plutôt installée puisqu’une seule liste se présente. 

La République en marche a visiblement du mal avec la démocratie

Macron a fait de la rénovation des pratiques un slogan politique, sauf que dans les faits c’est un peu plus compliqué. Des marcheurs avaient critiqué le manque de transparence et d’horizontalité de LREM. Les JAM reproduisent le même schéma, un détail qui illustre bien cette tentation de vouloir tout contrôler : les statuts de l’association prévoient la constitution d’un « comité stratégique ».

Surprise : on y retrouve les quatre membres fondateurs, des députés et conseillers proches de l’Élysée qui auront la possibilité d’intervenir à tout moment pour s’opposer à une décision. Un rôle de « vigie » défend Martin Bohmert qui nie toute tentative de verrouillage.

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