L’UMP ne profite pas de la mauvaise passe que traverse le gouvernement en ce moment !C’est le paradoxe que nous vivons actuellement.

Quelle est la situation ? François Hollande est au plus bas dans les sondages, son premier ministre, Jean-Marc Ayrault le suit de près dans cette pente fatidique, les manifestations violentes succèdent aux actes de destruction de radars et autres portiques ecotaxe, le ras-le-bol fiscal est à son comble et la majorité craque de toute part. Ecoutez Anne Hidalgo c’était dimanche dernier :

Et encore ce n’est pas la plus violente, mardi matin un député PS demandait même un changement urgent de premier ministre.

Mais alors pourquoi l’UMP n’en profite pas ? Pour trois raisons. Tout d’abord les sujets de contestation. Les Français pestent contre une éco-taxe qui, même votée et appliquée par les socialistes, a été décidée par Sarkozy, Fillon et Borloo. Difficile de se renier. La hausse de la TVA qui commence aussi à cristalliser la grogne met la droite en difficulté. Avant la présidentielle, Nicolas Sarkozy avait programmé une hausse de la TVA. Elle a été annulée par François Hollande, avant que le Président ne décide de l’appliquer en janvier prochain. Là encore, difficile pour la droite de protester. Ensuite, la guerre des chefs à l’UMP a laissé des traces. On le voit dans les sondages d’opinion. La popularité de Hollande et Ayrault touche le fond, on est d’accord, mais celle des responsables de l’UMP ne brille pas non plus. En tout cas, la tendance est aussi à la baisse pour eux. Conséquence et c’est le troisième point : la droite n’est pas unie. Là où certains veulent mettre de l’huile sur le feu, d’autres appellent au calme. Là où certains veulent nationaliser la campagne des municipales, d’autres veulent au contraire garder le caractère local du scrutin.

Comment l’UMP pourrait-elle exploiter la mauvaise séquence de l’executif ? On sent bien la droite perturbée par la séquence actuelle. Elle veut bien suivre le mouvement, mais hésite à se ranger derrière les protestataires notamment à cause des violences et des actes d’incivilité. Elle se divise sur les solutions que Hollande pourraient prendre. Certains plaident pour une dissolution, quand d’autres font remarquer que si la droite gagnait elle devrait donc gouverner. Mais qui serait premier ministre ? Et pour quelle politique ? Appeler à un remaniement c’est bien mais si c’est pour que Manuel Valls arrive à Matignon, fort d’une popularité conséquente auprès des sympathisants de droite, ça ne sera pas plus simple !

Résultat, deux sondages récents sont venus montrer que les socialistes pourraient conserver Paris et conquérir Marseille aux prochaines municipales. On comprend mieux que le pouvoir préfère attendre ce scrutin avant de réagir aux événements et que la droite soit encalminée en ce moment.

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