Macron -Juppé serait-il en passe de devenir « le couple » de cette fin d’année ? Alors c’est peut-être une nouvelle recomposition politique qui se joue mais ce sont aussi de grandes manœuvres en vue des européennes de 2019 qui se préparent déjà.

Par Jannick Alimi

Une longue poignée de main aux cérémonies du 11 novembre, un satisfecit appuyé au projet européen du chef de l’Etat… Alain Juppé a même suggéré, vendredi dernier, l’idée d’un « grand mouvement central » en vue des élections européennes de 2019. Pour, très vite, diffuser une mise au point dans un tweet concissime disant : « Liste commune avec E. Macron aux Européennes. On n’en est pas là. » 

Mais alors, en quoi tout cela augure de grandes manœuvres, politiques et électorales ?

Parce que les propos de Juppé sont lourds de menaces pour son propre camp. « La position vis à vis de l’Europe est clairement un sujet, me confiait il y a peu Mael de Calan, un Juppé boy, candidat à la présidence des Républicains. Si Wauquiez reste sur sa ligne europhobe, alors oui, il y aura une fracture au sein du Parti. » De là à prôner un rapprochement avec Macron lors des européennes ce serait aller vite en besogne. Mais le chef de l’Etat a lui-aussi sa stratégie. 

Ce scrutin n’aura lieu qu’en mai 2019 mais Macron y pense déjà ?

Absolument. Car ce sera le premier rendez-vous électoral national après les législatives de juillet dernier. « Ces élections constituent un enjeu capital pour le président, me dédclare un des députés LREM à la manoeuvre. Au Parlement européen, les partis extrêmes sont très forts et les groupes politiques traditionnels fracturés. Ce qu’a fait Emmanuel Macron au sein du paysage politique français, nous devons désormais le faire en Europe. »

L’objectif du chef de l’Etat est double : remporter le plus grand nombre de sièges pour La République En Marche mais aussi constituer un groupe avec des partis européens partenaires.  Des députés En Marche commencent déjà un tour des capitales européennes dans ce but. Macron espère aussi pousser les groupes du centre où siègent le Modem et l’UDI, le PPE, c’est à dire la droite libérale, les socialistes voire des conservateurs de coopérer pour s’opposer aux populistes qui se renforcent partout en Europe. Une recomposition qui, on le voit, pourrait rencontrer le projet esquissé par Juppé…

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