On parle beaucoup du film de Polanski en raison des accusations de viol dont est l’objet ce dernier. Mais Etienne Gernelle voudrait évoquer ce matin le fait historique. Le 13 janvier 1898 paraît donc dans le journal l’Aurore le fameux « J’accuse » d’Emile Zola.

Détail de la Une du Petit Journal de décembre 1894 représentant Albert Dreyfus devant la cour martiale
Détail de la Une du Petit Journal de décembre 1894 représentant Albert Dreyfus devant la cour martiale © Getty / Ann Ronan Pictures/Print Collector

Un moment d’Histoire à rappeler en ces temps de retour de l’antisémitisme. Un moment clef, aussi, de cette liberté d’expression qui reste une idée neuve chez nous. 

Celui qui incarne le mieux cette histoire s’appelle Georges Clemenceau. 

Il était alors l’un des dirigeants de l’Aurore. Il a été décisif dans le choix de publier le texte de Zola, qui avait été refusé par plusieurs journaux.

Quelques années plus tôt, ce même Clemenceau avait été l’un des pères de la loi sur la liberté de la presse de 1881, qu’il utilise ici.

C’est peu connu : cette inspiration lui et venue des Etats-Unis. En 1867, Clemenceau travaille en Amérique comme correspondant pour un journal français, Le Temps. Et s’ébaubit devant le free speech

Liberté absolue de parler et d'écrire, de se moquer, d'insulter, de médire, d'exciter à la haine et au mépris de qui et de quoi que ce soit : (…) une liberté réelle et vivante dont chacun use à ses risques et périls.

Risques et périls. La loi de 1881 n’est pas une loi d’impunité. Elle dit que seule la justice, et a posteriori, avec des procédures, peut sévir. Cela change tout.

Et en 1898, Zola sait qu’il sera poursuivi pour diffamation. Il l’écrit d’ailleurs dans son texte. Et sera plus tard condamné pour cela. 

Entre temps, le combat a changé d’âme. C’est la clef. 

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