C'est la confusion totale autour de la question de l’assurance chômage.Le gouvernement va-t-il oui ou non la reformer ?

la cgt en appelle au conseil d'etat contre l'assurance chômage
la cgt en appelle au conseil d'etat contre l'assurance chômage © reuters

Et bien ce matin, je suis incapable de vous répondre. Alors certes l’Elysée, donc François Hollande jusqu’à preuve du contraire, a mollement tenté de désamorcer le sujet hier… le renvoyant à plus tard. Mais cela après avoir validé, dixit des proches du Président, l’interview de son ministre Emmanuel Macron dans le JDD qui a mis le feu au poudre.Cet embrouillamini dure donc depuis une semaine, depuis de premières déclarations de Manuel Valls à Londres.

Apparemment, le message est double : l’un à l’attention de l’Europe, l’autre à l’attention des Français.

C’est l’explication qui est donnée en haut lieu. Offrir à Bruxelles des gages de la volonté réformatrice de la France et en même temps, ne pas brusquer les partenaires sociaux et la gauche.

Mais ce double langage est aujourd’hui intenable: on fait comme si les mots destinés à l’Union européenne passaient au-dessus de nos frontières sans être entendus ici.

Comme le nuage de Tchernobyl, ils enjamberaient notre pays pour atteindre directement la Commission européenne. A l’heure des réseaux sociaux et de la mondialisation, le message ne peut plus être divisé. C’est la première erreur du gouvernement.

La seconde : c’est que le gouvernement prend ses partenaires européens pour des imbéciles. Parce que les Européens ont cessé d’évaluer l’œuvre réformatrice à l’aune des discours de ses dirigeants. Ils voient bien que le gouvernement a le plus grand mal à tenir ses engagements. Cette vraie-fausse cacophonie sur les allocations chômage intervient la même semaine que l’abandon de l’écotaxe, et ce avant même qu’il y ait eu le moindre routier arrêté en bord de nationale.

Il y a de grandes chances pour que ce pseudo discours à double détente ne soit en fait qu'une construction à posteriori, qui masque une double fragilité du pouvoir.

Premièrement, un réformisme hésitant: faire ou ne pas faire, braver les difficultés ou reporter par crainte de la contestation. 2nde faiblesse : une absence criante de décision, l’énième habillage d’une incapacité à trancher. Ce n’est pas la première fois et dans plusieurs cabinets ministériels on s’en désole quotidiennement avec cette question lancinante : mais que veut vraiment François Hollande ?

Pour le sénateur VertJean-Vincent Placé, inutile de chercher midi à 14 heures, il s’agit d’abord d’un problème de gestion des hommes. Ecoutez-le il était chez nos confrères de LCI/Radio Classique hier matin :

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Un conseil de bon sens. Trouver dans l’Europe une excuse à une cacophonie gouvernementale ne rend service à personne : ni à l’exécutif, toujours aussi inaudible, ni au projet européen en attisant le scepticisme grandissant des Français.

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