Nicolas Sarkozy et Alain Juppé se retrouvent aujourd’hui en meeting à Limoges pour soutenir la liste Les Républicains dans le cadre des régionales, mais en filigrane ce sera encore un épisode et une passe d’arme en vue de la primaire à droite l’an prochain.

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy au meeting de Bordeaux
Alain Juppé et Nicolas Sarkozy au meeting de Bordeaux © MaxPPP/Fabien Cottereau

Ces régionales n’arrangent pas les candidats possibles ou déclarés à la primaire.

D’abord parce qu’elles les obligent à se marquer très tôt à la culotte pour que le mérite de la victoire, si victoire il y a, mais elle est probable, ne revienne pas au seul chef du parti, en l’occurrence Nicolas Sarkozy.

Ensuite parce que ces régionales, dans le cadre des 13 nouvelles grandes régions, risquent de faire émerger chez le parti Les Républicains des têtes qui auront l’onction du suffrage universel. Elles seront portées par cinq, six, sept millions d’électeurs, ça donne une légitimité.

Imaginez que Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez ou Christian Estrosi soient élus dans leur région ! Sarkozy, Juppé et Fillon ne pourront plus leur parler comme on parle à des seconds couteaux.

En plus, certains d’entre eux se diront peut-être qu’ils ont intérêt à se présenter à la primaire.

Il risque donc d’y avoir du monde sur la ligne de départ. Et plus il y aura de monde, plus cela troublera le jeu du deuxième tour, en raison des reports de voix.

Les favoris, Sarkozy et Juppé, y pensent, qui chercheront à ménager les petits candidats.

Lesquels petits candidats, à condition qu’ils aient leurs vingt parrainages parlementaires pour concourir, vendront chèrement leur peau et se diront que l’avenir est à eux. Regardez à gauche, Manuel Valls avait fait 5% en 2011 et, aujourd’hui, il est Premier ministre...

C’est exactement ce que se dit en privé Nadine Morano qu’un sondage IFOP pour le site Atlantico donne aujourd’hui à 5% d’intentions de vote, juste derrière Fillon à 8% et Le Maire à 6%.

La petite popularité de Morano explique l’embarras de Sarkozy aujourd’hui. Lui pense déjà au deuxième tour de la primaire.

Le vainqueur sera donc celui qui incarnera la meilleure des synthèses en donnant des gages à ses concurrents du premier tour. Cela rappelle un peu Hollande à gauche en 2011. Avec un avantage sur la gauche d’alors : tous, à droite et au centre, défendent à peu près les mêmes idées, ou presque, alors qu’il y avait un monde entre Hollande et Montebourg.

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