Le député Vert François de Rugy et le sénateur Jean-Vincent Placé, Vert lui aussi, ont fondé la semaine dernière un nouveau parti politique : Ecologistes ! Une semaine après, ces deux hommes politiques vont bien ensemble ?

les écologistes divisés sur la stratégie à adopter à l'égard du gouvernement
les écologistes divisés sur la stratégie à adopter à l'égard du gouvernement © reuters

L'alliage n'allait pas forcément de soi, pour tout vous dire. Certes, chacun reproche à son ancien parti la dérive « gauchiste » et les œillades vers Jean-Luc Mélenchon. Certes, ils se définissent tous les deux comme « réformistes ». Certes, ils veulent tous les deux être ministre un jour... Pour le reste, on ne les imagine pas franchement en vacances au même endroit, au même moment.

Placé tutoie les journalistes, Rugy les vouvoie. Le sénateur louvoie, le député file droit. Placé est grande gueule, cynique, manipulateur, bon vivant -il a fait un régime drastique mais il continue à boire du bon vin, rassurons-nous-. Rugy, lui, a plutôt tendance à se faire discret dans une salle de restaurant et à user de sous-entendus dans ses démonstrations.

François de Rugy (EELV)
François de Rugy (EELV) © Max PPP / Max PPP

C'est pourtant François de Rugy qui va être le président du nouveau parti Ecologistes !

La nouvelle a d'ailleurs pu surprendre, trois points de suspension... Jean-Vincent Placé a clairement le profil du numéro 1. Malgré une audience catastrophique obtenue lors de son passage au Grand journal de Canal Plus jeudi dernier : en termes de notoriété, d'autorité, de poids politique, de réseau, et donc, d'influence, Placé devance Rugy. On voit mal, pour être franc, François de Rugy donner des ordres à Jean-Vincent Placé. Alors pourquoi n'est-ce pas lui le patron ? L'explication donnée par Placé est aussi simple que belle et touchante : il en a soupé, -lui l'ex gourmet-, des manœuvres d'appareil et de la dureté des commissions d'investiture. Vous comprenez, c'est tellement ingrat de refuser une tête de liste à un copain...

La réalité, c'est que le sénateur veut avoir les mains libres, et pouvoir se consacrer à la chose la plus importante à ses yeux : lui-même. Et puis, si par hasard on l'appelle au gouvernement, il n'aura pas à abandonner un parti tout entier, Rugy sera là pour tenir bon la barre.

Sur le plan financier, il semblerait qu'ils aient quitté leur ancien parti, Europe Ecologie Les Verts, en laissant une ardoise. Je dirais plutôt qu'ils sont tous les deux malins. Elevés chez les écolos, ils sont bien placés pour savoir qu'un sou est un sou. Chez les écologistes, on ne mène pas grand train : il faut voir leur siège près de [du métro/ de la place] Stalingrad, dans le nord de Paris, qu'ils vont d'ailleurs bientôt vendre : c'est exigu, mal fichu, sombre et pas vraiment joliment meublé. Ils ont donc chacun anticipé leur départ, et n'ont pas reversé, comme c'est l'usage à Europe Ecologie Les Verts, une partie de leurs indemnités d'élus. Un manque à gagner de 11 600 + 13 500 euros pour EELV, c'est-à-dire 25 100 euros. Ce n'est pas le casse du siècle, mais peut-être le socle d'une amitié, et la preuve que ces deux-là, finalement, ne sont pas si différents qu'ils en ont l'air.

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