Gallimard s’apprête à publier un recueil de lettres de François Mitterrand à Anne Pingeot, la mère de sa fille Mazarine.

C'était secret défense ! Ce livre a été publié « sous X ».

Il n’était pas programmé officiellement. Les libraires n’avaient donc ni le titre, ni le sujet. Ils avaient juste été informés qu’un livre important allait sortir… et qu’il fallait faire de la place dans les rayons.

Alors voilà : ce livre fera plus de 1 000 pages : 1 280, exactement. Ce ne sera pas à proprement parler un livre de correspondance, car seules les lettres de Mitterrand seront publiées. Mais pas celles d’Anne Pingeot.

L’ouvrage sortira le 13 octobre. Je vous rappelle que le 26 octobre, nous fêterons le centenaire de la naissance de Mitterrand, à Jarnac.

François Mitterrand et Anne Pingeot ont vécu une passion secrète pendant plus de 30 ans. Mais cette femme discrète a longtemps refusé de témoigner… Pendant 50 ans, elle est resté murée dans le silence. Et puis, l’an dernier, elle a décidé de se confier à un journaliste anglais, Philip Short, un ancien correspondant de la BBC, auteur d’une biographie de Mitterrand.

C’était la toute première fois qu’elle parlait.

Elle raconte son coup de foudre, au début des années 1960. Elle a 20 ans, Mitterrand en a 47.

Elle dit aussi que cette passion cachée lui a procuré beaucoup de joie. Mais aussi beaucoup de peine, parfois même du désespoir. Elle s’est souvent sentie abandonnée, Anne Pingeot, délaissée. Elle a souffert de ne pas avoir été la seule, la préférée. Elle disait que les lettres de Mitterrand étaient « passionnées » et qu’elle les croyait. Et puis, elle ajoutait : « l’idiote que je suis ! »

Pourquoi parler maintenant ? Et pourquoi avoir confié à un éditeur les lettres de son amant, 20 ans après sa mort ? Je peux vous dire en tous cas que tous ceux qui ont essayé de la faire parler, et qui se sont cassé les dents, ont été très surpris par la publication de ces lettres.

C’est notamment le cas de David Le Bailly. Il est journaliste à Paris Match. Et il a écrit un très beau livre sur Anne Pingeot, La Captive, publié chez Stock. Mais l’intéressée avait refusé de lui parler, avec une très grande froideur.

Comment expliquer ce revirement ? La première raison est assez simple : la plupart des protagonistes de cette histoire sont morts, notamment Danielle. Ça change la donne. David Le Bailly émet une deuxième hypothèse : lui est persuadé que cette femme si discrète souffrait en réalité d’un manque de reconnaissance.

De fait, rendre publiques ces lettres, c’est une manière d’officialiser cette histoire cachée, de la mettre en lumière. Un moyen pour Anne Pingeot de retrouver une place qu’elle a eu le sentiment de n’avoir jamais eue. C’est enfin une pierre de plus apportée à la connaissance d’un personnage romanesque qui, 20 ans après sa mort, continue de fasciner. Beaucoup prédisent à Gallimard un gros succès de librairie.

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