Vous vous souvenez sans doute, de la situation dans laquelle se trouvait le PS après le congrès de Reims, en novembre 2008. Le parti de Mitterrand n’était plus qu’un grand cadavre à la renverse comme dirait BHL. Puis le PS a importé d’Italie le processus des primaires. Et tout à coup, la victoire aux présidentielles, qui paraissait inatteignable en 2008 devenait possible en 2012.

Aujourd’hui, la droite sort d’une guerre des chefs tout aussi violente que celle de la gauche en 2008. La solution des primaires s’est donc imposée. Et Nicolas Sarkozy lui-même n’a pu revenir de sa retraite qu’en acceptant de devenir le Monsieur Loyal d’un processus de sélection qu’il a toujours désapprouvé.

Mais ne sont-elles pas contraire à la tradition de la droite, d’autant plus que l’UMP est censée être garante de l’esprit de la Vème République beaucoup plus que le PS. Ce fameux esprit de la Vème qui veut que la présidentielle soit la rencontre d’un homme avec le peuple. En fait c’est d’abord la rencontre d’un homme et d’un parti, puis le parti fait semblant de ne plus exister et offre son candidat au peuple avec un beau ruban bleu ou rose. L’élection à la tête du parti devrait donc être le seul critère pour désigner un candidat aux présidentielles. C’est d’ailleurs comme ça que ça se passe dans les démocraties parlementaires où le patron du parti est le candidat naturel aux plus hautes responsabilités de son pays.

Mais aujourd’hui tout le monde ne jure que par les primaires, quelle conclusion faut-il en tirer?

Une seule, et elle est très simple: l’importation des primaires dans le système politique français, devrait logiquement entraîner la suppression du premier tour. Mais cela ne se produira pas, car une présidentielle à un seul tour impose le bipartisme dans les faits et donc la disparition du FN, ce faux parti qui n’est que le réceptacle des mécontents des deux autres partis. Personne n’osera assumer ce qui apparaîtra comme un déni de démocratie. En attendant, les primaires ont sauvé la droite d’une guerre sans foi ni loi. D’ici là, chacun dans l’UMP va essayer d’éviter les affrontements.

Le test du moment, c’est le changement de nom du parti. Sarkozy y est très attaché, mais fillonistes et juppéistes sont contre. Mais ils ne vont pas en faire un casus belli. Ils se contenteront d’ironiser déjà sur « l’opération de com » de Sarkozy qui veut rebaptiser son futur parti, « Les Républicains ». Un juppéiste me disait « Sarkozy n’aime pas que Marine Le Pen se moque de « l’UMPS », mais quand elle dénoncera Les Ripoux-blicains », il va adorer »!

Vous voyez, grâce aux primaires, tout est plus feutré à l’UMP.

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