Qui aujourd’hui parle d’Europe? Bien sûr, il y a les populistes de droite et d’extrême-droite, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan qui en parlent mais pour la vouer à toutes les gémonies.

Pour eux c’est simple, l’Europe est à peu près responsable de tous les maux. Certes le Rassemblement National ne veut plus sortir de l’Europe et de l’Euro, mais ce dont il rêve c’est d’une Europe où seraient rétablies les frontières, où seraient supprimées un certain nombre d’institutions. Il ne s’agit plus de construction mais de déconstruction européenne et d’un retour au nationalisme. Chez les populistes de gauche, l’analyse n’est, au fond, pas si différente. On l’a vu il y a quelques semaines avec la tribune de Jean-Luc Mélenchon appelant à sortir des traités européens après avoir appelé à faire des prochaines élections non pas un enjeu pour l’Europe mais un référendum anti-Macron.  

Au final des deux côtés de l’échiquier politique, ce n’est pas de l’Europe dont on parle mais de sa liquidation

Et que répondent les formations traditionnellement pro-européennes? Pas grand-chose et c’est bien là le problème. Car dans ce qu’il reste de la social-démocratie ou chez les libéraux de droite, on ne se bouscule pas pour défendre l’idée européenne. Et je vous parie que ce soir Emmanuel Macron va bien prendre garde à ne faire un trop grand dégagement sur l’Europe. Quand on sait que seulement 29% des Français voient la construction européenne comme une réussite, on comprend que les pro-européens préfèrent botter en touche et parler d’autre chose. Mais il n’y a là que lâcheté. 

Et face aux populistes qui gagnent à l’Est mais aussi en Italie, qui progressent en Allemagne et ailleurs, c’est cette lâcheté qui est en train de tuer l’Europe

Parce que l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui ne fonctionne pas, ne fonctionne plus. Qu’il y a au sein de l’Union un énorme déficit démocratique et que l’orthodoxisme économique n’a fait que creuser les inégalités. C’est cette réalité qu’il faut regarder en face et en particulier ceux qui depuis de décennies l’ont générée. C’est cette réalité qui devrait être au cœur de la campagne, pour la changer, refonder l’Europe. Mais nul n’a le courage de l’affronter. Or entre la lâcheté des uns et les déterminations nationalistes des autres, il ne faut pas se tromper l’Europe est bel et bien en danger de mort.

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