L’acronyme en forme de slogan politique, « l'UMPS » a connu un grand succès : mais il vit peut-être ses dernières heures.

On ne dit plus « UMPS » ! C'est fini depuis que la droite s'est rebaptisée « les Républicains ». Du coup, le FN s'est creusé les méninges pour trouver une nouvelle vacherie. Désormais, on parle du « RPS », à prononcer « l'herpès ». Comme dit Florian Philippot, « ça gratte, ça démange, c'est mauvais pour la France ». Très classe...

Le problème, c'est que depuis les régionales, ce slogan a du plomb dans l'aile. Visiblement, ça n'a pas empêché les électeurs d'aller voter dimanche pour le camp adverse, certes avec une pince à linge sur le nez, pour faire barrage au FN.

Regardez aussi les sondages : deux Français sur trois sont pour un gouvernement d'union nationale pour régler les urgences du pays. Encore ce matin dans Le Parisien , on publie un sondage Odoxa où 68% des électeurs veulent que la gauche et la droite se tendent enfin la main.

Mais « l'UMPS », c'est juste de l’intox dit Manuel Valls en petit comité : « On s'est tous fait avoir avec cette histoire d'UMPS ». C'est vrai que c'est peut-être le plus joli coup de com' du Front National : avoir réussi à transformer ce slogan en règle d'airain de la vie politique. Parce que cela a marché, les élus de gauche et de droite, tétanisés, n'osent plus se parler de peur d'être accusés de collaboration.

Et pourtant, dans la vraie vie, beaucoup sont très copains.

Est-ce que vous saviez que le sarkozyste Brice Hortefeux est ami avec... Bernard Cazeneuve ? Ou que François Fillon aimerait bien recruter Emmanuel Macron ? Autre anecdote : un jour, c'est Arnaud Montebourg qui lance à des élus de droite : « Vous voulez faire une primaire ? Demandez-moi, j'ai organisé celle de la gauche ! Je vous donnerai des tuyaux ».

Bref, dans l'hémicycle on se tape dessus, mais à la buvette de l'Assemblée, on se tape dans le dos!

Cela veut dire qu'on va vers une recomposition politique ? En tout cas, on voit de plus en plus d'élus faire leur « outing ». Manuel Valls d'abord, qui a appelé à voter, c'est inédit, pour Xavier Bertrand et Christian Estrosi et qui rêve de construire une « maison commune » de tous les progressistes. Un dirigeant de droite m'a même affirmé que le Premier ministre lui a dit : « Un jour, on sera dans le même groupe ».

Hier, c'est Jean-Pierre Raffarin qui a proposé au gouvernement de bosser ensemble contre le cancer du chômage.

Moi, j'ai envie de dire : chiche ! Parce qu'au fond, « l'UMPS » ce n'est rien d'autre que le « front républicain ». Et ça, c'est peut-être l'avenir.

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