Vous aurez remarqué que l’expression elle-même suffit à faire peur, hein. Les "deepfake" (en bon français "vidéos hypertruquées"). C’est une technique de synthèse d’image, basée sur l’intelligence artificielle, qui permet de faire dire à peu près n’importe quoi à à peu près n’importe qui.

Comparaison entre une vidéo originale et une deepfake du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg
Comparaison entre une vidéo originale et une deepfake du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg © Getty / The Washington Post /

Et si vous êtes téléspectateur de TF1, vous voyez très bien ce dont je vous parle puisque c’est exactement la technologie utilisée chaque soir par Nicolas Canteloup, après le 20h. Celle qui consiste à prendre l’apparence d’une personnalité dont il imite la voix, et à se lancer dans un sketch plus vrai que nature. Le résultat est bluffant, l’efficacité est redoutable… 

La preuve, c’est que même Brigitte Macron s’est récemment faite avoir… Puisque la première dame a cru - l’espace de quelques secondes, je vous rassure - que c’était son époux, Emmanuel Macron, qui était à l’écran en train de prononcer un discours complètement incohérent.  

Un phénomène que l’on surveille particulièrement au sommet de l’État

Il y a très clairement des craintes qui s’expriment sur les dérives que pourrait engendrer un tel programme s’il tombait entre les mains de personnes malintentionnées. Alors au gouvernement, plusieurs ministres planchent déjà sur la cybersécurité du futur, et les moyens de s’armer contre les menaces 2.0. 

Mais ça n’est pas tout. C’est également le cas au Conseil constitutionnel. Car cela fait bientôt quatre ans que Laurent Fabius, le président de l’institution, tire la sonnette d’alarme sur les défaillances françaises en matière de lutte contre le "hacking" - le piratage, donc… Et sur les risques que cela pourrait faire peser sur l’élection présidentielle de 2022.

Comment est-ce que Laurent Fabius s’est familiarisé avec ce sujet ?

Tous les cinq ans, ce sont les Sages qui se prononcent sur la « sincérité » du scrutin présidentiel… Et c’est ensuite le patron du Conseil constitutionnel qui investit officiellement le nouveau chef de l’État. 

Or en 2017, les résultats d’un audit commandé par Laurent Fabius à l’ANSSI, l’Agence nationale de la sécurité et des systèmes d’information, a montré que les candidats étaient très loin d’être suffisamment protégés face aux attaques venues de l’extérieur. En clair, et comme le dit un expert du sujet : « Les ‘MacronLeaks’ - la fuite de données qui a ciblé En marche! à la veille du second tour - étaient un simple avertissement, et il vaudrait mieux qu’on l’ait entendu ».

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