Les tragédies de la semaine dernière vont laisser leur empreinte dans la vie politique. A quoi cela va-t-il se voir ?

D’abord, et malgré ce que certains espéraient, cela va assez peu se voir sur la question de l’union nationale à terme. Après l’émotion des premiers jours, chacun commence doucement à reprendre sa place dans le débat. En revanche, il y a comme un climat nouveau, dominé parce qu’on peut appeler « l’esprit du 11 janvier », et que nos femmes et hommes politiques ont tout intérêt à faire perdurer.

Il n’est pas question, pour la droite, de faire une standing ovation au Premier ministre toutes les semaines, ou pour François Hollande de recevoir Nicolas Sarkozy tous les jours au petit-déjeuner. La politique va reprendre ses droits, avec l’examen de la loi Macron, par exemple.

Mais chacun va devoir être à la hauteur de l’Histoire : dialoguer de manière civilisée, sans être dans une opposition bête et méchante, systématique et irrationnelle. C’était agaçant avant, cela devient injustifiable. D’ailleurs, avec le consensus qui se dégage derrière les mesures de lutte contre le terrorisme que le gouvernement veut mettre en place, il y a ce sens de la responsabilité qui domine.

selon ifop, 78% des français sont favorables à un gouvernement d'union nationale
selon ifop, 78% des français sont favorables à un gouvernement d'union nationale © reuters

Ensuite, et là je vous préviens, difficile d’être plus terre à terre, il va y avoir une analyse à faire de la perception, par les Français, de la gestion de crise.

Et sur ce plan là, le gouvernement s’en sort plutôt bien.

On voit dansLe Parisien d’hier que François Hollande et Manuel Valls se sont montrés à la hauteur pour 79 % des Français. De fait leur popularité grimpe aussi, entre 5 et 8 % en fonction des instituts de sondages. On se rendra peut-être compte que pour l’opinion, François Hollande est devenu président la semaine dernière, la semaine la plus tragique de son quinquennat.

A plus long terme, politiquement, après le sursaut dans la rue, après la ruée vers les kiosques, on va regarder ce que cela donne dans les urnes.

Le premier scrutin de l’après va se tenir les 1er et 8 février prochains, ce sera l’élection législative partielle organisée suite au départ de Pierre Moscovici pour Bruxelles.

Avant les évènements, le FN était bien parti pour faire au minimum un très bon score, voir pour l’emporter. Mais il est impensable que ce qui s’est passé n’ait pas la moindre répercussion.

On pourrait craindre que Marine Le Pen, qui va aller faire campagne sur place, ne capitalise sur la peur. Mais ce qui ressort depuis une semaine, c’est plus un refus de la peur.

On pourrait craindre que son discours anti-Islam séduise. Mais il semble que les valeurs et les principes de la République, rappelés par Manuel Valls dans son discours à l’Assemblée mardi, et que n’incarne pas le FN, ont à nouveau du sens pour les électeurs. Qui, donc, pourraient être plus nombreux que prévu aux urnes. Et ça, ce n’est jamais bon pour le Front National.

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