Comme souvent, le dossier de l’immigration est un bon thermomètre pour juger de l’état de santé d’une majorité.

Migrants le long du canal St Martin à Paris
Migrants le long du canal St Martin à Paris © AFP / Stéphane de Sakutin

C’est un sujet qui se prête aux prises de positions morales. C’est normal. Le clivage oppose toujours d’un côté les députés que l’on juge « généreux » ou « laxistes », c’est selon, à un autre camp qu’on qualifiera, au choix, de « réaliste » ou de « cynique ». 

Et ce clivage que l’on observe au sein de chaque majorité depuis le début des années 90 est en train de réapparaître chez les marcheurs à propos du texte de Gérard Collomb sur le droit d’asile et les migrants.  

Le ministre de l’Intérieur a essayé de rassurer les députés LREM ces dernières semaines 

Gérard Collomb a reçu des dizaines de députés place Beauvau. Il les a caressé dans le sens du poil, mais « en même temps », toujours ce fameux « en même temps », il est convaincu que l’opinion réclame de la fermeté. Alors, il passe son temps à se réjouir d’avoir augmenté le nombre des expulsions (+ 14 % en 2017 !), promet de doubler la durée de rétention administrative, et il répète qu’il ne déviera pas de sa ligne.  

C’est cette fermeté qui va inciter des députés macronistes frondeurs à sortir du rang

Car parmi eux, il y a nombre d’anciens socialistes. Et nombre d’élus socialistes, ces dernières années, se sont souvent montrés plus radicaux, plus à gauche, sur les questions sociétales notamment pour s’opposer à Manuel Valls durant le quinquennat Hollande. Résultat, une trentaine de députés de la République en Marche, emmenés par la présidente de la commission des Affaires sociales, Brigitte Bourguignon, pourrait bientôt décider de s’organiser. 

Et c’est comme ça que le macronisme qui croyait l’avoir dépassé pourrait bien réinventer le clivage droite-gauche en son sein.

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