Le premier ministre Edouard Philippe avait promis de dévoiler, hier, le nom du remplaçant de Chantal Jouanno pour diriger le grand débat.

Edouard Philippe avait promis de dévoiler lundi le nom du remplaçant de Chantal Jouanno pour diriger le grand débat.
Edouard Philippe avait promis de dévoiler lundi le nom du remplaçant de Chantal Jouanno pour diriger le grand débat. © AFP / François Guillot

Hier, c’était le grand cafouillage. On a d’abord cru que le débat serait piloté par un tandem, formé par la syndicaliste Nicole Notat et par l’ancien patron de la Poste Jean-Paul Bailly. Même un ministre, François de Rugy, l’avait confirmé. Et puis à midi, Matignon a dit non, c’est faux, on a appris le soir qu’il n’y aurait pas 2 mais 5 garants indépendants qui seront nommés, vendredi, pour piloter les débats. La composition: 2 membres qui seront désignés par le gouvernement. Un par l’Assemblée, un par le Sénat et un par le conseil économique social et environnemental. La seule certitude, c’est que Jean-Paul Bailly sera bien dans la liste finale. Mais qui seront les autres? Suspens…   Voilà en tout cas, le profil envisagé : 

On cherche des personnes non rémunérées, disponibles, indépendantes, reconnues, qui acceptent d’être surexposées et de sauter dans le grand bain d’un événement complexe. 

Pourquoi tous ces critères?  

Car ces personnalités vont voir leur passé disséqué par la presse, par l’opposition, à la recherche de la moindre faille. Du coup, le pouvoir avance à tâtons, pour ne pas faire d’erreur. A chaque nomination, à chaque remaniement, c’est le même casse-tête. Qu’est-ce que telle personne a écrit sur les réseaux sociaux? Est-ce qu’elle ne va pas être en conflits d’intérêts? On appelle la haute autorité pour la transparence de la vie publique. On lui demande ce qu’elle pense d’un futur ministre. Cela prend quatre jours. Dans le temps médiatique actuel, c’est une éternité.

L’effet de la crise des institutions

 Avant, être nommé, c’était un honneur, un sacre, une consécration. Aujourd’hui, on rechigne, on pose des conditions, on craint d’avoir à dévoiler son patrimoine… Les responsabilités publiques ont perdu de leur lustre. On a des gens qui hésitent à quitter le privé, ou qui font l’expérience du pouvoir mais claquent la porte sans regrets. Et reviennent à leurs anciennes amours comme Gérard Collomb à la mairie de Lyon ou Nicolas Hulot, qui a fui les ministères. Dans quelques jours, il reprend la tête de son ancienne fondation. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

 

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