Après la 'bourde' de Manuel Valls (son voyage à Berlin en Falcon avec ses deux enfants), ses excuses publiques sont une première de sa part.

Le mea culpa, ce n'est pas du tout dans sa culture. Valls, c'est un fonceur. Il déteste faire machine arrière. C'est son côté catalan.

Quand il lui arrive de s'en prendre à un collaborateur, il n'est pas du genre à se confondre ensuite en excuses.

Et puis, pour son image, il cherche à montrer qu'il ne recule jamais. Il assume ses positions.

Un homme qui veut créer le débat ne s'excuse pas.

Valls parle de « bourde » et dit que si « c'était à refaire il ne le referait pas ».

Iil utilise même le mot de « désinvolture », hier, dans le JDD . Une fois, il s'était lâché, à l'Assemblée. Il avait lancé aux députés de droite : « Le terrorisme, c'est vous ». Il avait fini par reconnaître, du bout des lèvres, qu'il s'était emporté.

En général, sa ligne de défense, c'est : « je persiste et je signe ».

Vous souvenez en 2009? Valls est dans les rues d'Evry. Il oublie qu'il est enregistré. Il veut qu'on fasse venir « quelques blancs, quelques white, quelques blancos » pour les caméras.

Valls s'était expliqué : « Il y a trop de ghettos. Je suis celui qui les dénonce ». Ecoutons ce qu'il disait sur France 2 :

11 sec

Le cinq sept 2013 - SON POLITIQUE

Comment expliquer cette nouvelle attitude ? Là, il est obligé de constater, avec tous les sondages, que le pire, ce serait de s'accrocher. Son image est touchée. Cela peut laisser une trace. Alors, il s'excuse, mais si on regarde bien, on voit que les communicants qui l'entourent ont bien travaillé.

Que dit Valls? « Comme tous les pères absents, j'aime passer du temps avec mes fils » mais comme premier ministre « je dois être irréprochable », donc ça « ne doit pas se reproduire ».

On est dans la « bourde ». Pas dans la faute. En gros, c'est l'amour paternel qui l'a fait dérailler. C'est beau, non?

François Hollande et Manuel Valls
François Hollande et Manuel Valls © MWOSTOK PRESS/MAXPPP / WOSTOK PRESS/MAXPPP

Et cela peut aider en tout cas à clore la polémique, à condition que ses camarades ne lui plantent pas des couteaux dans le dos. Or, François Hollande joue un peu un double jeu. Il couvre son premier ministre. En même temps, il dit, lors des 24 heures du Mans, qu'il est venu pour les Français et non « pour son plaisir ».

Pas joli-joli, ce tacle. Le Président, qui déjeune mercredi avec Valls, a intérêt à trouver une bonne excuse.

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