Emmanuel Macron a fait hier le point sur sa loi devant la presse, mais le ministre de l’Economie traverse une mauvaise passe : sa côte de popularité pâlit.

Par Solenn de Royer

Depuis qu’il baisse dans les sondages et qu’il se prend des œufs sur le terrain, c’est champagne au gouvernement ! 

Et particulièrement à Bercy, où Emmanuel Macron, comme vous le savez, n’a pas que des amis ! Je vous rappelle quand même que c’est Michel Sapin qui lui a dit très tranquillement un jour : « Arrête de baver comme un escargot… ! »

Je ne vous cache pas que les difficultés de Macron ne déplaisent pas non plus à François Hollande. Depuis qu’il multiplie les maladresses et les provocations, savez-vous comment le président l’a surnommé ? « Monsieur COUAC 40 » !

Pour faire court, le chef de l’Etat pense que Macron a pris le melon, qu’il s’est laissé griser par la presse flatteuse, et qu’il a besoin de redescendre sur terre.

Face à cette adversité, la stratégie d’Emmanuel Macron, c'est la positive attitude. Je vous cite l’un de ses conseillers qui me disait, sans rire : « Se prendre des œufs, c’est positif pour lui ! » Pourquoi ? « Les Français le prendront en sympathie. »

Pour le reste, Macron continue son offensive de charme. Petite info : il a reçu récemment à Bercy une centaine de maires. Il déjeune aussi très souvent avec des députés PS, pour les bichonner. L’un d’eux m’a raconté que Macron lui avait expliqué sa stratégie. Une stratégie qui repose sur un PARI : le fait que François Hollande ne pourra pas se présenter en 2017.

A moitié ministre, à moitié candidat, cette ambiguïté est difficilement tenable.

A l’Elysée, on ne croit pas du tout que Macron quittera le gouvernement. Un proche du président me disait : « S’il sort du gouvernement, c’est fini pour lui ! »

Ce n’est pas l’avis de certains proches du ministre, qui le poussent à accélérer et à partir avant l’été, pour se consacrer à son programme présidentiel.

En attendant, un pied dedans, un pied dehors, il se prépare. Ses amis rappellent qu’en 2007, François Bayrou avait talonné Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, avec 17%. Une « troisième voie » que pourrait incarner Emmanuel Macron en 2017.

Reste une question que tout le monde se pose : peut-il se présenter contre François Hollande ?

Emmanuel Macron peut-il tuer le père ? C’est une question vieille comme la politique. J’en parlais avec un ministre qui me disait : « Les Français détestent les traîtres ». La trahison ne paye pas. C’est pourquoi, Hollande et Valls ne veulent pas croire que Macron prendra le risque d’être candidat contre le président…

Mais le doute demeure dans l’esprit de nombreux ministres ou députés.

J’ai posé cette question de la trahison à un proche de Macron. Réponse : « Il faut toujours préférer Rome à César ». Ça a le mérite d’être clair.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.