Il y a de futurs députés de droite, prêts à soutenir Emmanuel Macron et le gouvernement d’Edouard Philippe, qui commencent à se demander à quoi ils vont bien pouvoir servir. 

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Lionel BONAVENTURE

Par Renaud Dély.

La politique, c’est un peu comme une porte, c’est souvent une affaire de gonds… Et dans une porte, comme en politique, il y a un rôle important à tenir, c’est celui de charnière. La charnière, c’est pas très esthétique, c’est un truc plutôt ingrat, mais quand le gond grince, coince, la charnière devient indispensable. En politique, c’est pareil. Jouer le rôle de charnière, cela peut être décisif. Et c’est le rêve des petites formations qui, bien que faibles, espèrent peser sur les décisions parce qu’il n’y aurait pas de majorité à l’Assemblée sans eux.

Les députés centristes ont souvent tenté, et le plus souvent en vain, de jouer ce rôle-là. Et là cette année, la charnière était toute trouvée. C’était les candidats LR macrono-compatibles. C’est-à-dire ceux qui se sont retrouvés sans adversaire de la République en marche. Thierry Solère dans les Hauts-de-Seine, Franck Riester et Yves Jego en Seine-et-Marine et une vingtaine d’autres. Leur objectif, c’était de créer leur propre groupe autonome à l’Assemblée, hors du groupe LR orthodoxe décidé à s’opposer à tout prix au gouvernement.

Les députés de droite ont perdu toute valeur marchande

Et ces députés de droite macrono-compatibles se demandent si ce groupe aura demain une quelconque utilité. Puisque la République en Marche devrait obtenir environ 400 députés à elle seule, ces députés de droite ont perdu toute valeur marchande. Thierry Solère, par exemple continue d’espérer la présidence de l’Assemblée Nationale. Mais un de ses amis, navré pour lui, m’a raconté lui avoir dit cette semaine : « Mais tu rêves, Thierry… Macron n’a plus besoin de toi ! » Solère se raccroche à l’engagement du Président qui lui promis l’hôtel de Lassay, mais évidemment, il commence à douter sérieusement. Parce que s’il y a un truc que Macron a retenu du mandat maudit de Hollande, c’est que le Président ne doit pas dépendre des uns ou des autres. Le sort du quinquennat de Hollande a été plombé hier par le chantage des frondeurs du PS et Macron ne veut pas que son quinquennat soit soumis demain au bon vouloir d’une frange de la droite ou à celui du Modem..

Cela veut dire que le rôle du Modem et de Bayrou pourraient aussi être remis en cause. Même si le Modem obtient 30 ou 40 députés, ceux-là ne pèseront rien dans une majorité pléthorique. Et ça, au vu du développement de l’affaire des assistants fictifs du Modem et du caractère de Bayou qui conteste déjà l’autorité d’Edouard Philippe, ça pourrait bien arranger Macron. Un de ses soutiens me confiait il y a quelques jours que si, comme c’est probable, la République en Marche obtient une très large majorité sans avoir besoin de l’appui du Modem, le rôle de François Bayrou dans la majorité deviendra… fictif ! Et voilà, un emploi fictif de plus ! Quand il n’y a plus besoin de parti charnière, c’est que la politique est bel et bien devenue un piège à gonds.

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