A deux semaines du second tour des municipales, le centre de gravité de ces élections s’est totalement déplacé. Il se trouve non pas à Paris, où tout semble déjà joué, mais dans la deuxième ville de France, à Marseille.

Depuis des années, on guettait les derniers feux de Jean-Claude Gaudin, le maire LR, en place depuis 25 ans.

On s’interrogeait sur le successeur qu’enfin il accepterait de se choisir, après avoir fait longtemps tourner en bourrique Renaud Muselier. 

C’est donc une femme Martine Vassal, la présidente du conseil départemental des Bouches du Rhône qui a relevé le gant dans un contexte marqué par la mémoire encore vive de la tragédie de la Rue d’Aubagne, l’effondrement de deux immeubles vétustes en novembre 2018, tuant 8 personnes. 

La rue d’Aubagne ou le symbole d’une ville laissée à l’abandon et minée par le clientélisme.

Sauf que la campagne de Martine Vassal vient singulièrement de se compliquer…

Déjà, à la surprise générale, l’héritière de Gaudin n’était pas arrivée en tête au premier tour. Mais ça c’était avant. 

Avant les révélations de Marianne et de France 2 la semaine dernière sur des suspicions de fraudes à la procuration orchestrées par les Républicains ! Une enquête vient d’ailleurs d’être ouverte par la justice. 

L’affaire sent tellement mauvais que même les anciens candidats LREM, balayés dès le premier tour, se réjouissent. 

Je vous livre le commentaire de Mathieu Grapeloup qui était tête de liste dans les 4 et  5e arrondissements : « La victoire pourrait aller cette année à ceux qui respectent les règles du jeu. Si cela se confirme, ce sera historique ».

Et qui pourrait bénéficier de ces révélations ? 

Celle que Martine Vassal brocarde comme l’incarnation du « péril rouge », Michèle Rubirola. Elle est médecin dans les quartiers populaires. 

Plutôt discrète, elle représente un collectif, le printemps Marseillais qui a réussi un petit exploit, l’union de la gauche, du PC au PS, avec une partie des Insoumis. Avant de recevoir le soutien des écolos pour le second tour. 

Pour mesurer les espoirs qui se portent sur Michèle Rubirola, il suffit de consulter son carnet de bal : la semaine dernière, Eric Piolle, le maire écolo de Grenoble est venu l’applaudir. Et aujourd’hui, c’est Yannick Jadot qui doit lui rendre visite.

Pour Jean-Luc Mélenchon, cette union de la gauche est, on le cite, un peu trop « traditionnelle » mais l’ancien candidat à la présidentielle s’est quand même résolu à soutenir cette liste qui pourrait espère-t-il, opérer « un vrai nettoyage de printemps » dans la cité phocéenne. 

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