Par Nathalie Schuck

Les étudiants et lycéens vont encore manifester jeudi contre la loi travail. Et en coulisses, c'est la guerre entre Manuel Valls et les jeunes militants socialistes.

Entre eux, il y a déjà eu l'affaire de la petite Leonarda, les propos au vitriol de Valls sur les Roms, et maintenant la loi El Khomri. Autant dire que quand vous êtes jeune et encarté au PS, Valls c'est le grand méchant loup libéral et le père la morale réunis. Et le Premier ministre leur rend bien ! Il ne peut pas saquer le MJS - le Mouvement des jeunes socialistes - et l'Unef, deux organisations très hostiles à la loi Travail. Je l'ai même entendu plusieurs fois en OFF les traiter de... « petits cons » qui mériteraient « des coups de taloche » ! Un de ses proches me disait aussi : « Ils viennent chercher leur petit chèque rue de Solférino et après ils nous crachent dans le dos » .

Vous vous souvenez de l'épisode de la claque ? C'était fin août à l'université d'été du PS à La Rochelle. Valls avait été hué et il s'était vengé en donnant deux petites calottes sur la joue à un gamin du MJS. En 2013 déjà, quand il était à l'Intérieur, il venait de dissoudre des groupuscules d'extrême droite et il avait lancé en rigolant, à peine : « C'est le MJS qu'il faudrait dissoudre » !

Et vérité, Manuel Valls est hanté par la mort de Malik Oussekine. Comme il dit : « quand les jeunes sont dans la rue, on sait quand ça commence, pas comment ça finit ». Il cite la loi Devaquet sur l'université de 1986 qui avait provoqué des manifs assez violentes et la mort du jeune Malik Oussekine. Au fond, il pense que les jeunes qui manifestent aujourd'hui sont manipulés par l'extrême gauche. C'est pour ça qu'il a lâché un petit cadeau hier en annonçant la généralisation de la garantie jeunes pour les moins de 25 ans. Certes, il les a un petit peu arnaqués,, puisque c'était déjà prévu. Mais si ça peut éviter qu'il y ait trop d'étudiants et de lycéens dans la rue jeudi, ce sera toujours ça de pris !

Manuel Valls dans son bureau
Manuel Valls dans son bureau © ERIC DESSONS/JDD/SIPA

En regardant les sondages, on s'aperçoit que Manuel Valls est plus populaire chez les 18-24 ans que Christiane Taubira, Benoît Hamon et Cécile Duflot, et deux fois plus populaire que François Hollande ! Il met même 14 points dans la vue au jeune Emmanuel Macron dans cette tranche d'âge. Autant vous dire qu'il ne va pas se priver de distribuer quelques calottes au turbulent Macron, sa nouvelle tête de turc. Un élu de la majorité me disait hier : « Il veut le faire craquer, le pousser vers la sortie » .

Bref, vous l'avez compris, avec Valls ce ne sont pas les « petits cons » qui décident !

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