Dans neuf jours, les ministres vont entrer dans ce qu'on appelle la « période de réserve ». A partir du 24 mars, ils n’auront plus le droit de s'exprimer.

Le gouvernement de Bernard Cazeneuve
Le gouvernement de Bernard Cazeneuve © AFP / CHRISTOPHE SIMON

Par Marcelo Wesfreid.

Il ne reste plus que neuf jours pour goûter à la lumière. Pour les ministres. Les honneurs. La voiture du préfet qui vous attend à la gare. Les cérémonies.

Après, c'est la règle, la vie gouvernementale va être congelée à cause de la présidentielle. C'est ultra-contraignant. Tous les ministres ont reçu une circulaire, qui rappelle les règles. « Les déplacements des ministres sont interdits », accompagner le président de la république est interdit. D'une façon générale, toute personne représentant l'Etat est sommée de ne plus s'exprimer, pour ne pas interférer.

Du coup, plusieurs ministres se demandent en privé s'ils ne vont pas carrément quitter le gouvernement. On les comprend: si c'est pour rester enfermé au bureau à se tourner les pouces, parce qu'il n'y a plus de projet de loi....

Il y a déjà eu un départ: c'était Axelle Lemaire, qui a quitté le gouvernement à la fin février. Elle a une campagne des législatives. Sa circonscription, c'est celle des Français de l'étranger en Europe du Nord. C'est compliqué de faire campagne, avec la période de réserve. Alors elle a pris les devants.

D'autres pourraient être tentés parce que vous avez plus de la moitié des ministres qui sont candidats aux législatives. Ils risquent, à tout moment, à partir du 24 mars, des contestations de la part de leurs adversaires. Un enfer. Ils n'ont même pas le droit de parler du bilan du gouvernement.

Résumons. Plus de texte de loi et bientôt obligation de se taire. Autant dire que l'exécutif va tourner au ralenti. Hier j'ai écris un article sur la paralysie au sommet de l'Etat, en pointant notamment le départ de beaucoup de conseillers ministériels... Et savez-vous qui m'a appelé, après la parution de l'article? Une ministre qui n'a pas envie que sa carrière s'arrête maintenant. Or, elle ne brigue plus aucun mandat. C'est Ségolène Royal. Elle était en visite en Guadeloupe: « Alors, il paraît qu'il y a certains ministères qui tournent au ralenti? Je lis ça dans le journal. Mais je ne sens aucun ralenti, moi. Et si vous veniez au ministère en immersion. Hein? Un stage "Vis ma vie de ministre"? Vous verrez, ça ne chôme pas chez nous... »

Eh bien, Madame Royal, c'est gentil. c'est une proposition fort intéressante, mais un stage de 9 jours, c'est un peu court.

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