Jean Castex était hier soir sur Twitch, cette plateforme de streaming, initialement utilisée par des jeunes pour diffuser leurs parties de jeux vidéo, devenu petit à petit un espace de diffusion de tous types de directs. Dont la politique, grâce au journaliste de France Télévisions, Samuel Étienne.

Jean Castex sur Twitch
Jean Castex sur Twitch © AFP / Ugo Padovani / Hans Lucas

Le programme de Samuel Etienne est très suivi. Hier, le pic d’audience a culminé à près de 85 000 personnes connectées et le replay avoisine ce matin les 600 000 vues. Jean Castex a bien fait de tomber la cravate ! Parce que le premier ministre l’a dit : il était venu sur cette plateforme où les internautes peuvent l’interpeller en direct, pour parler avec des gens qui « n’écoutent pas les conférences de presse et qui ne regardent pas les JT ». En clair des gens qui, soit ne votent pas pour lui, soit ne votent pas tout court. 

Pas sûr que ce soit le bon moyen d’aller les convaincre 

Les publics qui fuient les médias traditionnels, c’est précisément parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans les discours du personnel politique. Il ne suffit donc pas d’aller leur faire des grands coucous devant un ordinateur pour les ramener dans le droit chemin. Non, ça a même plutôt tendance à les énerver… Et ça n’a pas loupé avec Samuel Étienne. Parce qu’inviter une fois François Hollande, c’était sympa, surtout que le personnage est bon client. Mais ajouter Jean Castex, dans la même semaine ça a été la goutte de trop pour une partie de sa communauté, qui a eu le sentiment d’être exploitée et mise malgré elle au service d’une communication gouvernementale dont elle ne se sent pas nécessairement solidaire.

Dans ce cas pourquoi s’entêter à vouloir absolument y intervenir ?

Pour deux raisons. La première, c’est qu’il y a toujours eu chez les politiques le fameux fantasme de réussir à « parler aux jeunes ». Ce qui veut tout et rien dire à la fois mais qui fait rêver absolument tout le monde. Et puis la seconde c’est bien sûr la crise sanitaire, qui limite considérablement les interactions sociales depuis un an. Et qui pourrait s’étirer jusqu’à la présidentielle de 2022. 

Il faudra alors imaginer de nouveaux moyens de faire campagne. Le post Facebook deviendrait le tract, les débats se feraient sur Twitter plutôt qu’à la télé, et la « room » Clubhouse remplacerait les salles de meeting. Le problème dans tout ça, c’est qu’il y a quand même très peu de chances pour que les « likes » se transforment en vote. 

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