A la veille des manifestations syndicales et étudiantes, la majorité n’est pas très inquiète. Toutes les réformes passent finalement assez facilement…

Par Marcelo Wesfreid

Il y a quelques mois on pensait que Macron aurait du mal à faire passer ses réformes. « Toucher au code du Travail ? Vous n’y pensez pas ! La France sera dans la rue ». Et en fait non. 

Après on a dit, attendez la rentrée, vous allez voir : avec les lycéens, ce sera explosif ! ». Or, cela n’a pas été le cas. Et les manifestations de demain, syndicales, lycéennes et étudiantes ne s’annoncent pas plus massives.

Il y a un homme que cette absence de résistance doit rendre fou. C’est un certain François Hollande. Le mariage pour tous, la loi El Khomri, la déchéance de nationalité. Il n’a jamais eu que des contestations !

A l’inverse, évidemment, les macronistes, eux, sont fous mais de joie. Ils se pincent un peu pour y croire. Depuis leur victoire, la majorité déroule ses réformes. Cela va plus vite que dans leurs rêves. Un député a dit : 

On a un problème inattendu. C’est qu’on aura adopté tout notre programme, dès l’an prochain. On va avoir du mal à remplir l’année 2019. 

Les proches de Macron ont donc demandé à certains des groupes de travail, aux experts qui ont potassé sur la présidentielle, de se réunir à nouveau, pour réfléchir à l’acte II du quinquennat. A de nouvelles mesures. 

Comment expliquer ce phénomène, cette absence de résistances ? 

C'est une conjonction de phénomènes. D’abord, l’opposition est sonnée. Elle ne sait plus trop où elle habite. Les partis sont repliés sur leur survie. Seul Mélenchon surnage, mais il n’arrive pas à élargir sa base militante. D’ailleurs il a reconnu qu’il avait perdu la première manche face à Macron.  

Ensuite, vous avez la méthode de Macron. C’est la stratégie du tournis. Ne pas laisser le temps à ses adversaires de respirer, enchaîner la moralisation de la vie publique, les ordonnances travail, la réforme de l’ISF, de la taxe d’habitation. Etc. Et le tout, est accompagnée d’une communication redoutable, sur le thème « on fait ce qu’on a dit ».

Enfin, il y a une dernière raison, plus profonde, une sorte de lassitude de l’opinion publique qui veut que cela marche. Au fond, si vous me permettez l’expression, les Français veulent laisser sa chance au produit.

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Les réformes d'Emmanuel Macron n'ont pas l'air de mobiliser autant que cela l'était annoncé par les autres partis, cela va-t-il durer ? © AFP / Simon Guillemin / Hans Lucas
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