Le Nobel d’économie décerné au Francais Jean Tirole va-t-il changer la face du PS ?

A voir la tête de Manuel Valls, c’était la meilleure nouvelle de ces dernières semaines. Ecoutez-le, c’était hier après avoir appris la nouvelle :

Par tweet, le Premier ministre s’est aussi félicité de ce « pied de nez au French bashing ». Manuel Valls a salué un économiste qui est aussi membre du Conseil d’analyse économique, et donc sous son autorité.

Faut-il y voir un petit coup de pouce des scandinaves pour accélérer la pédagogie des réformes en France ? A écouterJean Tirole , tout est clair, il faut les faire, ces réformes de fond.

Ecoutons-le, c’était ce lundi à Toulouse, juste après l’annonce :

« Faire les réformes assez vite » dans la langue notre Nobel, cela revient à dire qu’il faut vraiment se grouiller ! Jean Tirole donne donc raison au Premier ministre et à son ministre de l’Economie, qui ont défendu une réforme « sans tabou » du marché du travail.

Jean Tirole, prix nobel d'économie 2014
Jean Tirole, prix nobel d'économie 2014 © PhotoPQR/La Dépêche du Midi

Eux, ce sont les tiroliens de la majorité, mais ils ne sont qu’une poignée.

Mais François Hollande ne veut toujours pas avancer à marche forcée. Pour ne pas braquer les syndicats, et ne pas énerver les frondeurs de son parti.

Les frondeurs affirment qu’ils sont prêts à prendre le pouvoir au PS lors du prochain congrès.

Mais je crois qu’ils auront bien du mal. J’ai posé hier la question à un vieux briscard du PS qui m’a rappelé aux réalités de la rue de Solferino. Ce ne sera pas le congrès de Rennes, en 1989, qui opposa Fabius à Jospin, ni celui de Reims, en 2008, où on assista au clash Royal-Aubry.

Cette fois-ci, il n’y a pas de bataille pour la succession. Tous les élus du PS ont compris que leur parti est l’outsider dans la course à la qualification pour le second tour de la présidentielle de 2017. Tous les députés socialistes savent que les législatives qui suivront seront sanglantes. Il faut donc sauver les meubles, limiter la casse. De fait, depuis quelques temps, les frondeurs se montrent raisonnables. Ils jouent le jeu des états généraux du parti qu’a lancé son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis. En attendant, la ligne sociale libérale molle tient la corde, et ne risque pas d’être infléchie.

Au sein du gouvernement, il n’y a que Valls et Macron pour se réjouir franchement de ce nouveau prix Nobel d’économie.

Ce qui se passe depuis quelques jours révèle qu’il y a désormais trois courants au PS : les avant-gardistes de la réforme, les « tiroliens », qui sont prêts à secouer les syndicats s’il le faut. A l’arrière-garde vous avez les frondeurs, et au milieu, vous avez les prudents, qui préfèrent laisser les partenaires sociaux aller à leur rythme, même si c’est à la vitesse de l’escargot. Il s’agit de François Hollande lui-même, et de la grande majorité du gouvernement. Vous l’avez compris, Jean Tirole n’est pas prêt de changer la face du PS.

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