On a connu la gauche de programme commun, la gauche plurielle, aujourd’hui nous avons la gauche puzzle.

Il y a le PS, le PC, les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, les Générations de Benoît Hamon mais aussi Les Verts de Yannick Jadot, Génération écologie de Delphine Batho, le NPA d'Olivier Besancenot... 

Particularités : la plupart ont fait, un temps, partie de la même famille socialiste, ils se détestent désormais et revendiquent chacun de représenter la Gauche, la vraie… Ce week-end Lienemann et Maurel n’ont pas manqué de ressortir le couplet…  

Cette situation n’est-elle pas la conséquence de la décomposition du PS ?  

A première vue, oui, mais choses sont peut-être plus compliquées. Tout d’abord il y a une tradition centenaire à gauche qui veut que sa frange radicale fustige sa frange sociale-démocrate, les sociaux traîtres comme on disait antan. Il n’y a donc là rien de très nouveau… Mais il faut se rappeler que la gauche n’est arrivée au pouvoir que par le compromis entre ces deux composantes essentielles. Léon Blum en 1936, François Mitterrand en 1981 et Lionel Jospin en 1995 en sont les symboles et on pourrait y ajouter François Hollande en 2012… 

Le problème est qu’aujourd’hui, émiettée, décomposée...

Déstructurée, on ne voit pas trop comment cette gauche façon puzzle pourrait finir par représenter une forme cohérente. Jean-Luc Mélenchon peut-il pas être le rassembleur de la gauche ? Il est aujourd’hui le principal leader. S’il veut rassembler les pièces du puzzle il devra nécessairement modérer certaines de ses positions et de ses propos. Autrement dit se social-démocratiser. Avec le risque de braquer son aile radicale et intransigeante sur sa ligne Insoumise. Le voudra-t-il, le pourra-t-il ?

L’avenir de Mélenchon se joue sans doute en partie sur le choix de stratégie. Mais il n’est pas dit pour autant que la ligne social-démocrate soit définitivement éteinte. Entre Macron de plus en plus excentré sur la droite et Mélenchon loin sur la gauche, il existe à coup sûr un espace. Un espace qui est probablement à réinventer de fond en comble et également à incarner. L’ennui est qu’on ne voit pour l’instant ni les idées ni les hommes.

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