Les municipales, c’est dans six mois. Et cette élection pourrait ne pas ressembler aux précédentes

Louis Aliot
Louis Aliot © Getty / Thomas SAMSON

On a actuellement une épidémie de candidats sans étiquette. Qui ne se revendiquent d’aucun parti. Prenez Louis Aliot. Il a été, il y a encore peu, le vice-président du Rassemblement national mais il a déclaré qu'il portera l'étiquette du "Rassemblement local"

Nous pourrions citer Toulouse. Le maire se représente. Jean-Luc Moudenc, un centriste. Mais il l’a précisé dans une lettre aux habitants : pas question d’investiture. Ni des Républicains ni de la République en marche. 

A Paris, Anne Hidalgo ne parle jamais du Parti socialiste… Idem, à Nantes, avec Johanna Rolland qui veut ratisser large. Partout, attendez-vous à entendre parler de listes citoyennes, de société civile, de proximité.  

C’est souvent le cas pour les municipales

Mais surtout dans les petites villes. La nouveauté est que le phénomène touche les grandes villes. C’est le symptôme du rejet des partis traditionnels. 

Quant aux macronistes, ils n’ont pas suffisamment d’ancrage local pour espérer en profiter. D’autant qu’ils seront parfois en alliance avec le PS, parfois avec les RL. 

Tout ça, va donner une campagne dont le résultat national risque d’être illisible. On s’attachera surtout à Paris, Lyon, Marseille, mais ce sera un miroir très déformant. Et on regardera le score des écologistes. Difficile d’aller plus loin…

D’autant que les règles électorales vont changer ! 

Aujourd’hui, le maire d’une petite commune, il peut se dire apolitique, ça n’empêche pas la préfecture de le classer soit « divers gauche », soit « divers droite » ou « centre ». En fonction de ce qu’en pense le préfet. 

Tout ça, mis bout à bout, donnait une radiographie des rapports de force dans le pays. 

C’est bientôt fini. Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur et donc des élections, l’a annoncé. On ne rattachera plus les maires des petites communes à des courants de pensée. C’est la fin d’une tradition qui remontait à la troisième république. On est bien dans un changement d’époque.  

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.