Dans trois jours ce sera la grande conférence de presse de François Hollande, et on sait la situation du Président est critique. Pourtant, attention à ne pas l'enterrer trop vite!

françois hollande souhaite un parti socialiste "à l'unisson" de sa politique
françois hollande souhaite un parti socialiste "à l'unisson" de sa politique © reuters

J'imagine que vous avez vu les couvertures calamiteuses des magazines : « Peut-il rester ? », « L'agonie », « Le problème c'est lui ». Il y a une petite musique qui monte autour de l'idée que François Hollande ne pourra pas être candidat à sa réélection en 2017. Cette idée, elle a été accréditée par une phrase que Valérie Trierweiler rapporte dans son livre. Alors c'est passé inaperçu parce que c'est noyé entre la scène romantique du baiser de Limoges et celle de la dispute dans la salle de bain. Pourtant, cette petite phrase du Président est éclairante: « Si je suis trop affaibli, je n'irai pas ».

Je vais peut-être vous surprendre, mais il y a un homme qui pense que c'est un gros « mensonge ».

Cet homme, c'estNicolas Sarkozy . Depuis sa défaite, il est persuadé que François Hollande sera candidat coûte que coûte contre lui en 2017, sauf accident, par exemple une dissolution. Pourquoi ? Parce qu'il y a une logique des institutions, qui donnent une prime au président sortant.

Surtout, Nicolas Sarkozy ne croit pas un instant que Manuel Valls sera le candidat de la gauche. Il dit qu'il est minoritaire et de plus en plus détesté dans son camp.

Et il n'y pas que l'ancien président qui fait ce calcul. Si vous écoutez bien la gauche du PS, je pense à Martine Aubry ou à Cécile Duflot: vous remarquerez qu'elles tapent beaucoup sur le Premier ministre, sur son côté autoritaire, cassant, sa politique social-libérale, mais beaucoup moins sur le Président. Parce qu'un François Hollande trop affaibli, ça veut dire un Manuel Valls un peu trop puissant. Et s'il y a bien une chose dont la gauche du PS ne veut pas, c'est Manuel Valls candidat ! Donc petit à petit, on peut avoir un réflexe légitimiste qui se met en place à gauche autour du Président. Une sorte de « Tout sauf Valls ».

Voici ce que disait Martine Aubry samedi, en train de faire la leçon au Premier ministre, avant le vote de confiance demain à l'Assemblée :

François Hollande sait très bien, lui, qu'il va devoir faire « l'unité » autour de lui à gauche. C'est pour ça qu'il veut défendre ce qu'il appelle des « marqueurs de gauche » dans les deux prochaines années, comme le droit de vote des étrangers ou la réforme des frais de santé.

Sur le papier, ça n'est pas gagné. Mais écoutez ce que me disait un élu du PS : « Aujourd'hui, on a la Ferrari Manuel Valls qui fonce à 200km/h sur l'autoroute sur la voie de droite. Et bientôt, on va voir arriver une petite Deux-Chevaux qui va le doubler l'air de rien sur la voie de gauche. Cette Deux-Chevaux, ce sera François Hollande ». C'est assez malin...

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