Ce matin, Jean Castex va réunir à l’Assemblée tous les députés en Marche, tous les députés Agir et ceux du Modem, 320 élus, auxquels il faut ajouter 14 ministres au garde à vous.

Ce matin, Jean Castex va réunir à l’Assemblée tous les députés en Marche, tous les députés Agir et ceux du Modem, 320 élus, auxquels il faut ajouter 14 ministres au garde à vous. 

Beaucoup de monde pour une démonstration de force destinée à faire oublier que le groupe LREM a perdu, au fil des départs, la majorité absolue. 

Mais derrière cette grande manœuvre, ça se corse pour Castex. 

Imaginez qu’il va lui falloir trouver des compromis sur des sujets aussi compliqués que le séparatisme ou les néonicotinoïdes. 

Et il ne s’agit pas de se rater. 

Ce futur intergroupe est une préfiguration du dispositif pour la présidentielle 2022. Le premier ministre n’a d’ailleurs que le mot « Maison commune » à la bouche. 

C’est à dire toujours l’idée, d’une coalition centrale pour soutenir la candidature d’Emmanuel Macron.
 

Avant de penser à la grande union, il va déjà falloir que Jean Castex parvienne à pacifier les relations entre les membres du gouvernement.  

La ligne Darmanin commence à faire sérieusement grincer des dents, notamment après l’annonce de l’interdiction, à Calais, de la distribution de nourriture aux migrants par certaines associations. 

Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique avec qui les tensions se multiplient, n’a pas apprécié cette décision.   

Autre ligne de front, François Bayrou, le président du Modem, désormais haut commissaire au Plan, n’entend pas jouer les figurants. Et il l’a clamé dans le JDD. Officiellement rattaché à Matignon, il considère pourtant que son premier interlocuteur demeure le président de la République.

Un ami de longue date du maire de Pau me le faisait remarquer hier : Bayrou joue au vice-premier ministre, et comme il ne pouvait pas faire son discours de politique générale à l’Assemblée, eh bien il l’a fait dans un journal. 

Et entre Emmanuel Macron et Jean Castex tout va bien ?

Pour le moment, pas de gros nuages à l’horizon. 

Ça se passerait même très bien entre l’ancien chantre de la start up nation et l’homme des territoires. 

C’est en revanche plus compliqué avec certains proches du président. Surtout pour ceux issus de la gauche qui peinent toujours à digérer la nomination de l’ex-sarkozyste Jean Castex. 

Ces gardiens du temple espèrent même que le séjour de Castex à Matignon ne sera qu’une « parenthèse conservatrice », tant ce qu’il représente semble inconciliable selon eux avec le macronisme des débuts.

Au point, et c’est révélateur de ce quinquennat qui file de plus en plus à droite, qu’ils en finissent par regretter le juppéiste Edouard Philippe !

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