Certains, y compris chez les socialistes, reprochent à François Hollande d’avoir placé Jean-Christophe Cambadélis de manière arbitraire à la tête du PS. Cette critique est-elle justifiée ?

Il y a quand même eu un vote du PS hier pour le désigner, mais Jean-Christophe Cambadélis a été imposé par l’Elysée. Pourtant, non, François Hollande ne se mêle pas tant que cela de la vie du PS. Se mêler de la vie de son parti, il y en a un qui l’a vraiment fait, et c’est Nicolas Sarkozy. Ca vaut le coup de se rafraîchir la mémoire, parce qu’il ne faut pas oublier que François Hollande a construit toute son image de président en opposition à celle de son prédécesseur.

Nicolas Sarkozy, quand il avait quelque chose à dire aux militants UMP, ne se posait pas de question. Il se rendait en personne aux Conseils nationaux qui sont en fait des réunions de l’appareil. Et il faisait des grands discours. Par exemple, le 12 janvier 2008, au Palais des Sports, le président de tous les Français dit aux militants UMP : « Je suis heureux d’être avec vous, d’être en famille. Militer n’est pas une activité honteuse ». Le 30 janvier 2008, à une convention de l’UMP, il fait un long discours, très politique, sur l’Europe. Le 29 novembre 2009, à Aubervilliers, encore un conseil national de l’UMP: il assume sans complexe le rôle de chef de parti et lance la bataille des régionales…

Je vous laisse imaginer les réactions si François Hollande aujourd’hui faisait de même. Si, par exemple, le 17 avril, il se rendait au meeting que le PS organise pour lancer la campagne des européennes. Et il y avait plus fort encore !

Souvenez-vous que Nicolas Sarkozy invitait les principaux donateurs de l’UMP au Bristol lors de « cocktail premier cercle » pour les remercier de leur générosité. C’est tout cela que François Hollande avait en tête lorsqu’il a prononcé, juste avant l’élection présidentielle une petite phrase qui lui colle à la peau :

Sauf que depuis bientôt deux ans qu’il est a l’Elysée, François Hollande n'a oas tout à fait tenu cette promesse. François Hollande reçoit de temps en temps des parlementaires de la majorité à l’Elysée. Parce que ses proches l’ont supplié de le faire. Je pense notamment à Stéphane Le Foll. Ils lui ont expliqué qu’il ne pouvait pas se couper de sa majorité, qu’il ne devait pas se priver d’entendre les remontées du terrain. Parce que les élus entendent, dans leur circonscription, la colère des Français.

D’ailleurs, les députés, les sénateurs, estiment aujourd’hui que si le Président les avait plus écoutés, la déroute aux municipales auraient pu être évitée. Qu’en fait, sa promesse de ne pas les recevoir était une erreur.

Ensuite, je l’ai dit, François Hollande s’est mêlé de la succession d’Harlem Désir, même indirectement.

Et puis, évidemment, il s’est intéressé de près aux résultats des municipales, il demande toujours des nouvelles aux camarades qu’il rencontre. Tout cela ne prouve pas un interventionnisme débridé. C’est peut-être dommage pour le PS, qu’il a dirigé pendant onze ans, et qui manque clairement de stratège de sa trempe.

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