Dans la fameuse motion du PS présentée par Jean-Christophe Cambadélis et Martine Aubry pour le congrès de Poitiers, qui aura lieu en juin, une phrase n'a pas encore provoqué de remous au PS et pourtant elle est explosive.Cette toute petite phrase, qui peut peser très lourd finalement, concerne le travail du dimanche : un sujet qui a largement divisé le PS il y a quelques mois.

Emmanuel Macron durant le débat de la Loi du même nom
Emmanuel Macron durant le débat de la Loi du même nom © MaxPPP/IP3 press/Vincent Isore

Le texte - signé par Manuel Valls et une grosse partie du gouvernement - stipule qu'ils sont "contre une nouvelle extension du travail du dimanche." Le problème c'est que ça veut tout dire et rien dire, ou plutôt ça peut vouloir dire tout et son contraire. Je m'explique : Aujourd'hui la loi prévoit qu’un maire peut autoriser un commerce à ouvrir 5 dimanches par an. Dans le projet d’Emmanuel Macron, les maires pourront désormais permettre d’ouvrir jusqu'à 12 dimanches par an. Je dis encore « le projet de loi » car le Parlement ne l’a pas définitivement adopté, il doit encore passer en seconde lecture. Or, si on se base strictement sur le texte du PS, les députés socialistes devraient à cette occasion repartir au combat, puisqu’ils sont contre toute nouvelle extension. Mais on peut aussi penser que pour les signataires de la motion – enfin ceux qui l’ont lu, car ce n'est pas le cas de tout le monde - la loi Macron est acquise. Elle a été beaucoup discuté, Manuel Valls l’a fait passer en force en première lecture avec le 49.3 et donc, il n’y a pas de raison de revenir dessus.

Cette version est-elle la bonne?J’ai posé la question à plusieurs socialistes .Bilan, c'est un peu n'importe quoi: chacun comprend ce qu’il a envie d’entendre.

Du côté de Martine Aubry, on dit que puisque la loi Macron n'est pas adoptée définitivement tout est possible et qu’il faut donc rediscuter le principe des 12 dimanches.

Je rappelle au passage qu'en décembre Aubry s'était fermement opposée à cet aspect de la loi Macron. Elle écrivait dans Le Monde : « La gauche n’a-t-elle désormais à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l’accumulation de biens de grande consommation ? »

Mais du côté de Manuel Valls, qui a signé aussi, on assure que la loi Macron ne sera certainement pas remise en cause. Et pour preuve de toute la subtilité de la formule, un député proche du Premier ministre a éclaté de rire en entendant ma question. Il a répondu : "Elle est parfaite cette phrase, c'est du François Hollande pur jus, la synthèse absolue." C’est vrai que c’est sans doute à ce prix là que le président a mis tout le monde autour de la table, mais difficile de ne pas repenser à cette phrase devenue célèbre, Martine Aubry disant de François Hollande : « Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup ».

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