Il ne s'agit pas de la violence du combat de coq télévisé d’hier soir entre Emmanuel Macron et le tandem Plenel-Bourdin, mais de la violence militante.

Par Renaud Dély

Un peu partout dans le pays, il y a en ce moment une multitude de points de fixation qui génèrent des affrontements. A Notre-Dame des Landes bien sûr, et on en a vu encore une fois l’illustration samedi avec le saccage d’une partie du centre ville de Nantes par quelques centaines de casseurs. 

Ce week-end, aussi 200 casseurs vêtus de noir, l’accoutrement des fameux Black Block, s’en sont pris aux forces de l’ordre  à Montpellier et blessé sept CRS. Il y a eu aussi ces derniers jours des violences, et des dégâts, dans plusieurs universités, et on a aussi vu des groupuscules d’extrême droite s’en prendre à certains groupes d’étudiants bloqueurs.  

Comment expliquer ce regain de tension ?  

C’est évidemment le revers du Président fonceur qui réforme à tout va et qui suscite des résistances et des oppositions. Mais le problème, c’est qu’il y a un an, Emmanuel Macron a été élu dans un pays fracturé avec pour mission de réconcilier les deux France. Il a répété hier soir qu’il en avait toujours l’ambition et que la réconciliation ne se ferait pas dans « l’inaction ». Le souci, c’est qu’un an après son élection, le fossé semble continuer de se creuser. Dans les sondages, jamais les cadres et les classes supérieures n’ont autant soutenu le président et jamais les ouvriers et les classes populaires ne s’en sont autant défié. Il y a toute une partie du pays pour laquelle la présidence jupitérienne, verticale, forte, apparaît autoritaire voire arrogante.  

Pourtant, on ne peut pas dire que les partis d’opposition en profitent… 

Mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron. Le FN est en crise, les Républicains de Laurent Wauquiez ne vont guère mieux, le PS est inaudible, et quasi invisible, et Jean-Luc Mélenchon ronchonne tout seul dans son coin, bref, il n’y a pas d’opposition politique crédible, mais c’est justement ce vide qui donne plus d’espace aux extrémistes et activistes de tous poils. Faute de perspective et d’alternative, une frange de militants  basculent dans la violence. 

Et le même risque pèse sur l’issue du conflit à la SNCF. Si Emmanuel Macron ne lâche rien à des syndicats déjà très affaiblis, ceux-ci courent le risque d’être par endroits débordés par une base de plus en plus radicale, et de plus en plus incontrôlable. Et c’est là qu’on comprend que plutôt que d’être tenté de régner tout seul, même Jupiter aurait bien besoin d’une vraie opposition crédible.

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