Cela faisait plusieurs jours qu'Emmanuel Macron préparait son coup. Il voulait renverser la table. Il avait préparé des annonces pour une allocution hier à 20h.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © Getty / Thierry Monasse

Hier, Emmanuel Macron commence à enregistrer a l'Elysée. Il finit son allocution. A 19h30 ses conseillers déboulent. Il y a un incendie ! « La flèche de Notre-Dame est partie pour s'écrouler »

Emmanuel Macron comprend que son intervention n'a plus de sens, dans ce contexte. Et il dit à ses équipes « On arrête tout ». A 20 heures, il sort de l'Elysée. Il va sur l'île de la cité. C'est à dire qu'à l'heure où on aurait dû voir son visage sur tous les écrans du pays, où il jouait le quitte ou double de son quinquennat, il se retrouve au milieu des pompiers. Il a un pays en choc à gérer.  

C'est un télescopage incroyable !  

C'est dans ce moment tragiques que les politiques révèlent des traits de caractère qu'aucune présidentielle jamais ne révèlera. Dans l'adversité, un chef de l'Etat doit montrer qu'il est aux manettes, il faut rassurer. Mais il doit aussi, prendre la parole au nom du collectif. Pour mettre des mots sur une souffrance. C'est un deuil une thérapie, une fonction cathartique. C'est ce qu'a fait Macron dans la nuit, en exprimant une douleur mais aussi en ouvrant des perspectives, en remettant de l'espoir. « Nous rebâtirons Notre-Dame. »  

Cela révèle des caractères mais cela peut aussi montrer des lacunes

Il y a eu des défaillances dans la gestion de crise au sommet. On dira que Macron n'est pas un homme d'Etat. Mais c'est trop tôt pour le savoir. En tout cas, ce qui est vrai, c'est que l'émotion peut être mauvaise conseillère. Souvenez-vous de François Hollande après le Bataclan. Il veut taper fort. Il décide de convoquer le parlement en congrès. Et qu'est ce qu'il propose ? La déchéance de nationalité. La fausse bonne idée par excellence, qui va faire exploser la gauche et l'empêcher. On connaît la suite. François Hollande ne peut plus se représenter. Ce matin, Emmanuel Macron a deux crises à gérer pour le prix d'une : celle de Notre-Dame et celle des gilets jaunes. Le feu et la colère sociale. Deux événements que personne n'aurait pu anticiper. Et dont l'issue est loin d'être écrite.

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